Alain Soirat généalogiste    
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Le Siècle du 30 octobre
On lit dans le courrier de l’Isère :
Le 18 de ce mois, M. Antoine DUSSERT, curé de Satilieu (Ardèche), accompagné de sa sœur et d’un étranger qu’ils avaient rencontré à Grenoble, avaient quitté cette ville pour se rendre à la Salette. Arrivés à la Mure, ils s’acheminèrent à pied et quittèrent la grande route dans la commune de la Salle, pour prendre un chemin plus court à travers la montagne, passant par la commune de Saint-Michel-en-Beaumont.
Ils arrivèrent dans cette dernière commune vers quatre heures de l’après-midi ; là, ils prirent un guide pour continuer leur route, désirant arriver le soir même au monastère de la Salette.
Malgré les observations du curé de Saint-Michel, qu’ils avaient rencontré sur le chemin et qui les engageait à passer la nuit chez lui, en leur faisant comprendre combien il était imprudent de s’aventurer à travers la montagne et surtout la nuit, nos voyageurs ne tinrent aucun compte de cet avertissement et se bornèrent qu’ils ne craignaient rien, qu’ils sauraient bien suivre la route. A une certaine distance de Saint-Michel et arrivés sur la montagne, le vent soufflait avec tant de violence que les voyageurs ne pouvaient plus avancer, et la nuit était si obscure que le guide ne voyait plus le sentier.
Après plus de sept heures de marche, harassé de fatigue et la tête perdue, l’étranger ne put plus suivre ses compagnons de route. Vainement M. DUSSERT l’appela, et le guide, qui soutenait la sœur du curé, ne pouvait aller à son secours. Ils continuèrent ainsi leur voyage en abandonnant leur compagnon au milieu du chemin ; mais, bientôt après, Mlle DUSSERT ne pouvant plus avancer, son frère décida le guide à continuer seul la route et à leur chercher du secours.
M. DUSSERT demeura près de sa sœur, mais sans pouvoir lui donner aucun soin, lui-même étant exténué de fatigue et complètement hors de lui. Il entendit tout à coup sonner une horloge ; oubliant la fatigue, il s’élança de ce côté et fut assez heureux pour arriver au couvent ; le guide venait d’arriver aussi.
On leur prodigua de suite tous les soins que réclamait leur état, mais on ne put rien apprendre d’eux : ils avaient complètement perdu connaissance. Longtemps après, M. DUSSERT revint à lui ; ses premières paroles furent pour demander où était sa sœur, et ce n’est alors qu’il put donner quelques renseignements. Le guide n’avait pas encore repris connaissance.
M. ARCHIER, missionnaire de la Salette, qui avait reçu les voyageurs et leur avait prodigué des soins, partit aussitôt avec quatre domestiques sur la route de Saint-Michel-en-Beaumont, malgré l’obscurité de la nuit et le temps épouvantable qui régnait encore ; il était alors deux heures du matin.
Après avoir parcouru environ 800 mètres, ils trouvèrent Mlle DUSSERT ; M. ARCHIER la fit transporter au couvent, croyant qu’il serait possible de la sauver encore, et il continua lui-même les recherches avec deux domestiques qui lui restaient. Ce n’est qu’à 700 mètres plus loin qu’ils trouvèrent l’étranger, mais ce n’était plus qu’un cadavre. Cette victime ne devait pas être la seule, car en le rapportant au couvent, on apprit que Mlle DUSSERT venait de mourir aussi.
Mlle Sophie DUSSERT était âgée de quarante et un ans et habitait depuis longtemps avec son frère.
Sur la personne de l’étranger, on trouva une lettre à l’adresse de M. PIZAY frère et sœur à Mornant (Rhône) ; plus une facture portant également le nom de PIZAY, à Mornant ; un porte-monnaie avec fermoir en cuivre contenant 490 fr. en or, 9fr. 70 cent. En argent et 40 c. en monnaie de billon ; deux consultations de médecin, dont l’une signée GIGNOUX et l’autre non signée ; une montre en or à cylindre portant le nom de DEMMEROT, à Lyon, n° 1037 ; un couteau, un canif, différentes médailles, un chapelet ; cinq clefs, un petit paquet de linge personnel et diverses notes sur des plantes.
Tous ces objets sont restés déposés à l’économat du couvent de la Salette.
Ce voyageur paraissait âgé de quarante à quarante-cinq ans ; taille, 1 mètre 70 centimètres ; un peu chauve, cheveux et sourcils châtains foncés, yeux roux, bouche grande, menton ordinaire, visage ovale.

L’enquête généalogique :
Antoine PIZAY, célibataire, négociant, âgé de 26 ans, domicilié et né à Mornant (Rhône), fils d’Etienne, négociant, et de défunte Antoinette MONTALAN, est décédé le 18 octobre 1865, sur la montagne de Boutière, au lieu-dit les Crozarats, près du col de l’Hortié, commune de La Salette-Fallavaux (Isère).
Etienne PIZAY, menuisier, âgé de 35 ans, domicilié et né à Mornant, fils de Fleury, décédé à Mornant, le 6 pluviôse de l’an 4, et de Claudine BENNI, s’est marié à Mornant, le 30 juillet 1820, avec Antoinette MONTALAND, âgée de 22 ans, domiciliée à Mornant, née à Lyon (Rhône), fille de Pierre, décédée à Saint-Laurent-d’Agny (Rhône), le 5 prairial de l’an 13, et de Marguerite DUCHAMP.
Sophie DUSSERT, célibataire, âgée de 41 ans, domiciliée à Satillieu (Ardèche), née à Davézieux (Ardèche), fille des défunts Antoine et Sophie AGERON, est décédée le 19 octobre 1865, sur la montagne de l’Homme, près du col de l’Homme, commune de La Salette-Fallavaux.
Antoine DUSSERT, menuisier, âgé de 28 ans, domicilié à Vidalon, commune de Davézieux, où il est né, fils d’Antoine, cultivateur à Satillieu, et de défunte Catherine PERRIER, s’est marié à Davézieux, le 1er mai 1820, avec Marie Sophie AGERON GAILLARD, âgée de 30 ans, domiciliée à Annonay (Ardèche), née à Montfalcon (Isère), fille des défunts Antoine et Claudine ROUSSE.

Support : BNF Gallica, AD de l’Isère, AD du Rhône, AD de l’Ardèche, Geoportail, Gencom
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