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Le Journal des Débats du 28 octobre
CHASSAING, le tueur de lions de Batna, qui a été décoré cette année à la suite du voyage de S.M. en Afrique, s’est vu le mois dernier l’objet d’une autre insigne faveur. Il avait eu l’heureuse idée d’offrir à l’empereur d’Autriche un exemplaire de son livre : Mes chasses au lion. Ce souverain, que ses goûts personnels portent vers tous les nobles exercices du sport, et qui a prouvé maintes fois, dans ses excursions cynégétiques au milieu des montagnes de la Styrie, qu’il était de force, comme tireur, à rivaliser avec les plus fins chasseurs de chamois du Tyrol, lui a fait don d’une excellente carabine de précision destinée à reconnaître cet hommage.
L’arme, fabriquée par LÉBÉDA, l’un des premiers arquebusiers de Vienne, a été remise au destinataire, précédée d’une lettre très flatteuse du prince de Metternich, par l’entremise du ministre de la guerre. C’est une carabine à deux coups, système Lefaucheux, renfermée avec tous ses accessoires dans une magnifique boîte en palissandre. Sur les canons, au-dessous du tonnerre, se lit cette inscription, gravée en lettres d’or : « Donnée par l’empereur d’Autriche à M. J. CHASSAING. » Sur le pontet de sous-garde se dessine la couronne impériale, surmontant le chiffre F.J., initiales de S.M.
Notre compatriote CHASSAING a reçu ce précieux cadeau avec un légitime orgueil, et il n’a plus désormais qu’un désir, c’est que les lions africains lui fournissent avant peu l’occasion de s’en montrer digne. Malheureusement, depuis cet envoi, un grand chagrin de famille est venu éprouver le hardi colon et mêler sa cruelle amertume à une joie bien naturelle. Dans la nuit du 13 de ce mois, CHASSAING a perdu à la fois ses deux fils, deux jeunes enfants âgés, l’un de quatre ans, l’autre, de quinze mois à peine. La lettre de faire-part que nous avons reçue dans cette triste circonstance, datée de Batna même, le lendemain 14, ne dit point à quelle fatalité il faut attribuer ce double deuil. Léon BERTRAND

L’enquête généalogique :
Marius Jules Richard CHASSAING, âgé de 4 ans, né à Saint-Etienne (Loire), fils de Jacques, et de Marie Thérèse Rosalie GIRAUD, est décédé à Batna (Algérie), le 13 octobre 1865.
Victor Jean Auguste CHASSAING, âgé de 14 mois, né à Batna, fils de Jacques, et de Marie Thérèse Rosalie GIRAUD, est décédé à Batna (Algérie), le 13 octobre 1865.
Jacques CHASSAING, fils de Jean, cultivateur, et d’Anne CHAMOURET, est né au Petit Barrot, commune de Grandrif (Puy-de-Dôme), le 22 juin 1821.
Jean CHASSAING, cultivateur au Petit Barrot, né à Grandrif, le 1er octobre 1796, fils de Jacques, et de Reine GOUNY, décédée le 16 mars 1818, s’est marié à Grandrif, le 12 septembre 1820, avec Marianne CHAMOURET, née à Saint-Just (Puy-de-Dôme), le 13 juin 1799, fille de Simon, décédé à Saint-Just, le 6 juillet 1809, et de Magdelaine GRANET.

Support : BNF Gallica, AD du Puy-de-Dôme, ANOM, base Léonore, Gencom
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