Alain Soirat généalogiste    
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Le Constitutionnel du 1er octobre
Nos correspondants du Haut-Rhin nous rendent compte d’un affreux événement qui vient de jeter la terreur parmi les populations de ce département. Voici la première lettre que nous avons reçue hier soir :
« Le garde forestier de Murbach a été tué d’un coup de feu, dimanche 24 courant, dans une rencontre avec un braconnier. Voici les circonstances dramatiques dans lesquelles ce déplorable événement a eu lieu :
le garde de Murbach Jacques SCHAEFFER, et un autre garde, le nommé LEY, faisant leur tournée, rencontrèrent non loin de Murbach deux individus armés de fusils qui chassaient et qui prirent la fuite à leur arrivée.
Ils atteignirent l’un d’eux, Louis ROULT, fileur à Guebwiller. SCHAEFFER le mit en arrestation et s’empara d’un fusil-canne à simple pommeau recourbé dont cet individu était porteur.
Le garde LEY se mit alors à la poursuite du second délinquant. Mais, à ce moment, ROULT parvient à s’échapper des mains de SCHAEFFER. Celui-ci se met à sa poursuite, le suit sur la pente d’un ravin très rapide et l’atteint bientôt. Une lutte s’engage alors entre l’agent forestier et le braconnier, le premier tenant l’arme saisie par le canon, le second la tenant par la crosse. Le garde LEY, entendant le bruit de la collision, revient sur ses pas afin d’aider son camarade à maintenir le délinquant. Mais, tout à coup, une détonation se fait entendre, et SCHAEFFER tombe mortellement frappé au côté par la charge du fusil de ROULT. Quelques instants après, ce malheureux, qui était père de famille, expirait dans les bras de LEY.
M. FRITSCH-LANG, juge à Colmar, faisant fonctions de juge d’instruction, et M. CLÉMENT, suppléant, M. le procureur impérial, se sont immédiatement rendus sur les lieux. ROULT, qui avait été mis en état d’arrestation, a prétendu que ce n’était pas son arme qui avait donné la mort à SCHAEFFER, mais que celui-ci avait été tué par imprudence par son camarade, lequel avait voulu tirer sur lui, ROULT. Cette assertion a été démentie par LEY, qui n’a point mis son fusil à la main en courant au secours de SCHAEFFER. Il reste à rechercher si c’est volontairement ou involontairement que le braconnier inculpé a fait partir la détente de son fusil au moment où il se débattait contre le garde. C’est ce que l’information établira sans doute d’une manière certaine. » (Journal du Bas-Rhin.)

L’enquête généalogique :
Jacques SCHAEFFER, garde-forestier, domicilié à Murbach (Haut-Rhin), âgé de 38 ans, né à Masevaux (Haut-Rhin), fils d’Ignace, boulanger, âgé de 77 ans, et de défunte Madeleine KARTA, époux de Thérèse DEBENATH, âgée de 37 ans, domiciliée à Murbach, est décédé à Guebwiller (Haut-Rhin), le 24 septembre 1865. Joseph LEY, garde forestier, âgé de 34 ans, domicilié à Murbach, déclare le décès.
Ignace SCHAEFFER, boulanger, domicilié à Masevaux, né à Ebersmunster (Bas-Rhin), le 14 février 1779, fils d’Ignace, blanchisseur, décédé à Ebersheim (Bas-Rhin), le 19 ventôse de l’an 8, et de Marie Anne KERSTETSER, domiciliée à Ebersmunster, s’est marié à Masevaux, le 8 septembre 1824, avec Madeleine KARTA, domiciliée et née à Masevaux, le 14 octobre 1789, fille de Jacques, boulanger, décédé à Masevaux, au mois de mars 1796, et de Françoise EHRET, remariée avec Joseph GARNIER, journalier à Masevaux. Jacques KARTA, âgé de 33 ans, et Jean KARTA, âgé de 30 ans, tous les deux boulangers, frères de l’épouse, sont présents.

Support : BNF Gallica, AD du Haut-Rhin, Geneanet, Geoportail, Gencom
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