Alain Soirat généalogiste    
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la bruyereEn bon généalogiste, vous connaissez l'adage "Tout homme descend à la foi d'un roi et d'un pendu". Nombre de livres, blogs, magazines n'hésitent pas à se servir de la citation et, pour un grand nombre, de l'attribuer à La Bruyère.
Je suis curieux et ne peux m'empêcher de faire mon enquête. Pour la plupart des sus-cités, La Bruyère a écrit cela dans "Les Caractères" ; et tout le monde de citer La Bruyère en tant qu'auteur variant du XVème au XVIIIème, avec des dates de naissance et de mort aussi improbables.

A vrai dire, je n'ai pas vraiment envie de relire ces ensembles de bons mots propres à leur siècle et vaguement obsolètes. Je fais confiance à Gallica et Wiki pour me trouver les mots "pendu", "Tout homme descend" etc ...
Rien ! Si ce bon monsieur de La Bruyère s'est fendu d'une telle phrase, ce n'est pas dans cet ouvrage et, à priori, pas dans les autres dont dispose Gallica.
J'ai parcouru le web, d'anciens messages de listes de discussion y faisant référence, et n'ai rien trouvé si ce ne sont quelques interrogations de quidams tout aussi étonnés de ne pas trouver le fameux adage dans notre littérature.

Je me trouve un peu dépité, mais ô combien amusé par cette série de personnes citant le "grand" La Bruyère, sans être capable de me donner la page du bouquin ! Flûte !

En désespoir de cause, je me remets à lire les Caractères (faut le faire quand même, et surtout faut aimer !). Je vous l'avoue quand même, je n'ai pas tout lu et me suis dirigé vers les chapitres susceptibles de comporter une allusion à la célèbre citation généalogique.

Notre bel auteur s'en donne donc à coeur joie avec les moeurs de son époque, il n'est certes pas le Coluche du XVIIème, mais du moins un critique avisé.
La noblesse passe donc dans son crible pour en sortir amenuisée de tous ces prétendus nobliaux accédant ou cherchant à y accéder par tous les moyens (HOZIER en prenant pour son grade au passage !).
Et là, tome 2, page 38, 12ème citation du chapitre "De quelques usages" (nouvelle édition de A. CHASSANG), je trouve ceci :

"Il y a peu de familles dans le monde qui ne touchent aux plus grands princes par une extrémité, et par l'autre au simple peuple."
Avec un renvoi en bas de page :
"Ce mot est déjà dans Sénèque, cité comme de Platon : "Point de roi qui n'ait pour aïeux des esclaves ; point d'esclave qui n'ait des rois pour aïeux. Une longue suite de révolutions a mêlé, confondu les générations".

Je suis content, certes ce n'est pas ce que je cherchais, mais ça y ressemble. Alors, en attendant de trouver LA phrase, je m'en contente. A moins que la déformation par un obscur généalogiste ne se soit chargée de détourner l'original ?
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