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nismes cassini1Dans sa description du département du Gard, demandée par le ministère de l'intérieur, rédigée en brumaire de l'an VIII, le citoyen Grangent revient longuement sur les différents projets de liaison maritime entre Nîmes et la Méditerranée.
J'imagine bien l'activité dans un port situé sous l'esplanade ...

"Le projet de rendre le Vistre navigable depuis la Ville de Nîmes jusques à son embouchure dans la grande Roubine d'Aigues-mortes, a depuis longtemps fixé l'attention des habitans du Gard. Son utilité a été de tout temps reconnue, puisque, à plusieurs époques reculées de la monarchie, on s'en était occupé ; mais le mécanisme des écluses n'étant pas bien connu, ce projet ne pût être suivi d'aucune exécution.
Le Citoyen MARÉCHAL, célèbre directeur des fortifications dans le ci-devant Languedoc, forma le projet d'un canal du Rhône à la Méditerranée, en passant par Nîmes ; mais comme ce canal devait être alimenté par les eaux des fontaines, d'Eure et d'Airan, que les Romains avaient conduites à Nîmes par le Pont du Gard ; la Ville d'Uzès s'opposa fortement à ce projet, parce qu'elle ne voulût point être privée des précieuses sources qui arroseut son territoire, et sur lesquelles elle a des établissemens nombreux, et qui font toute sa richesse.
Ce canal irait joindre le nouveau redressement du Vistre construit par la ci-devant Province, depuis le canal de la Radelle jusques auprès du Caila. Il aurait une communication facile avec la Méditerranée par le Grau d'Aiguesmortes, avec le Rhône par le canal de Beaucaire à Aigues-mortes, dont nous venons de parler, et avec l'Océan, par la navigation des étangs, le port de Cette, le canal des deux Mers et la Garonne.
Ce projet, dont on a de tout temps reconnu l'utilité, fut de nouveau remis à l'ordre du jour par les citoyens BLACHIER frères, qui le présentèrent aux États, où il fut approuvé par délibération du 28 décembre 1779. Cette approbation fut renouvelée et confirmée le 28 décembre 1784.
Des entraves qu'éprouvèrent les auteurs de ce projet, empêchèrent la compagnie qui devait se charger de l'exécution, de mettre la main à l'oeuvre : elle obtint enfin un arrêt du Conseil du 14 janvier 1788, qui autorisait les plans et devis de ce nouveau canal, et permettait à la compagnie de créer des actions à concurrence du montant des travaux , et lui accordait un droit de quatre centimes par myyriagrame, sur toutes les marchandises qui en parcouraient la longueur.
Malgré ces diverses autorisations, ce projet est encore sans exécution : il a été présenté à l'Administration municpale de cette Commune, et à l'Administation centrale duGard qui en ont de nouveau reconnu l'utilité, et ont sollicité en 1791, auprès de l'Assemblée nationale un décret qui confirmât la concession faite par le Conseil, en conciliant, autant que possible, la nouvelle organisation politique avec les intérêts de cette Compagnie.
Les choses en ont encore resté là, et on sent facilement que les temps désastreux qui ont suivi cette démarche de l'Administration centrale , n'étaient pas propres à faire valoir un projet aussi utile. L'anéantissement du commerce, le manque de crédit, la rareté du numéraire, tout est venu contrarier l'exécution de cet ouvrage intéressant.
Nous avons eu sous les yeux Jes projets de cette nouvelle navigation, qui doit être alimentée par les eaux de la fontaine de Nîmes; mais comme cette fourniture d'eau pourrait être insuffisante, on pourrait y suppléer par un réservoir construit dans le vallon de Cabrières, à l'imitation du bassin de Saint-Ferréol, sur le canal du ci-devant Languedoc. Ces eaux se rendraient dans un immense bassin construit audessous de l'Esplanade qui servirait de port.
En rendant hommage au zèle et aux connaissances du citoyen BLACHIER, nous n'avons pas trouvé des opérations assez détaillées pour avoir un aperçu exact de la dépense. D'ailleurs, pour économiser les frais des déblais et des indemnités, le lit actuel du Vistre, dans toutes ses sinuosités, sert d'emplacement au canal ; ce qui occasionne des retards et des difficultés dans la navigation, qu'il serait bon de prévenir par des redressemens.
Il y a, depuis Nîmes jusqu'à la jonction du nouveau lit du Vistre au-dessous du Caila, trente-sept mètres soixante et douze centimètres de pente sur une longueur de trente-un kilomètres. Cette pente est rachetée par onze écluses ;  et la dépense, d'après le détail estimatif dressé par les citoyens BLACHIER, s'élève à 1,470,000 francs. Cette dépense sera considérablement augmentée aujourd'hui par les redressemens à faire, les indemnités à accorder, et surtout l'accroissement progressif des matériaux et de la main-d'oeuvre : de manière que l'on peut compter sur une dépense d'environ 2,200,000 francs. Cette somme est assurément bien considérable ; mais aussi, quels heureux résultats pour le commerce ! quelle économie dans l'emploi des bêtes de trait, qui pourraient être utilement employées à l'agriculture ! quel épargne dans la consommation des fourrages, et surtout dans l'entretien des grandes routes !
Les mêmes motifs qui empêchent le Gouvernement de se livrer aux dépenses nécessaires pour la continuation du canal de Beaucaire à Aigues-mortes, sont un obstacle pour la construction de celui-ci. Mais nous pourrions lui proposer d'employer les mêmes moyens que nous avons déjà développés ; et le Département alors pourrait espérer de voir réaliser enfin des espérances si souvent déçues."
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