Alain Soirat généalogiste    
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tailleur de pierresOn dit des tailleurs de pierres, parce qu'ils travaillent au grand air, en extérieur, que ce sont des gens gais, qui chantent volontiers et que leurs chansons parlent avec fierté et orgueil de leur métier :
En avant le maillet d'acier,
Il donne une âme au bloc grossier.
A nous ces blocs énormes :
Notre bras sait comment
Du flanc des monts informes
On taille un monument.
Le tailleur de pierres exerce un métier qui exige de l'habileté, de la réflexion ; ce n'est pas le commun des mortels qui le pratique. Les tailleurs de pierres se prétendent ainsi au premier rang des ouvriers honnêtes.
Toutefois, au même titre que les cordonniers et les tisserands, on prétend qu'ils ne commencent leur semaine que vers la fin de cette dernière ... et la même ritournelle les affuble de quelques maux :
Les tailleurs de piet're sont pis' que des évêques, (bis)
Car du lundi ils en font une fête.
Va, va, ma petite massette,
Va, ,va, le beau temps reviendra.
Car du lundi ils en font une fête
Et le mardi ils continuent la fête.
Et le mercredi ils vont voir leur maitresse,
Et le jeudi ils ont mal à la tête.
Le vendredi ils font une pierre peut-être,
Le samedi hmr journée est complète.
Et le dimanche il faut de l'argent mettre.
Au XVe siècle, la réception d'un maitre tailleur de meules donnait lieu à une cérémonie assez bizarre : « On avait, dit Monteil, préparé une salle de festin, et, au-dessus, un grenier où, pendant que dans la salle les maîtres faisaient bonne chère, se divertissaient, le dernier maître reçu, le manche de balai à la ceinture en guise d'épée, avait conduit celui qui devait être reçu maître, et il ne cessait de crier comme si on le battait à être tué. Un peu après il sortait, tenant par le bras le maitre qui l'avait reçu, et tous les deux riaient à gorge déployée. Les coups qui, dans les temps barbares, étaient franchement donnés et reçus, alors n'étaient plus que simulés; ils précédaient et suivaient les promesses faites par les nouveaux maîtres de s'aimer entre confrères du métier, de ne pas découvrir le secret de la meulière.
Les ouvriers tailleurs de pierre ont joué un grand rôle dans l'ancien compagnonnage; ils prétendaient que leur Devoir remontait jusqu'à Salomon, qui le leur avait donné pour les récompenser de leurs travaux ; il est à peu près prouvé que dès le XIIe siècle, au moment où les confréries de constructeurs tendaient à se séculariser peu à peu, par le mariage de leurs membres, quelques associations d'ouvriers tailleurs de pierre s'étaient organisées en France sous le titre de Compagnons de Salomon, lesquels s'adjoignirent ensuite les menuisiers et les serruriers. En 1840, les compagnons étrangers, dits les Loups, étaient divisés en deux classes, les Compagnons et les Jeunes Homnes. Les premiers portaient la canne et des rubans fleuris d'une infinité de couleurs qui, passés derrière le cou, revenaient par devant flotter sur la poitrine; les seconds s'attachaient à droite, à la boutonnière de l'habit, des rubans blancs et verts.
En t 720 les tailleurs de pierre, compagnons étrangers, jouèrent pour cent ans la ville de Lyon contre les compagnons passants. Ces derniers perdirent et se soumettant à leur sort, abandonnèrent la place aux vainqueurs; cent ans plus tard, les temps d'exil étant expirés, ils crurent pouvoir retourner de nouveau dans la cité lyonnaise ; mais leurs rivaux ne l'entendirent pas ainsi, et, quoique très nombreux, les passants furent repoussés, ils se rejettent alors sur Tournus, où l'on taille la pierre pour Lyon ; les passants voulurent encore les repousser. On se battit, il y eut des blessés et même des morts.
Dans la Loire-Inférieure, on prétend que si les maçons et les tailleurs de pierre ont choisi pour leur fète l'Ascension, c'est parce que c'est un tailleur de pierre qui retira la dalle qui recouvrait le tombeau de Jésus-Christ, et un maçon qui en démolit la maçonnerie pour lui permettre de s'élancer au ciel.
Voici, sur les tailleurs de pierre, une sorte de casse-tête mnémotechnique : « Je suis Pierre, fils de Pierre, fils du grand tailleur de pierre. Jamais Pierre, fils de Pierre, fils du grand tailleur de pierre, n'a si bien travaillé la pierre que Pierre, fils de Pierre, fils du grand tailleur de pierre qui a taillé la première pierre pour mettre sur le tombeau de saint Pierre.
Dans le pays d'Antrain (Ille-et-Vilaine) l'usage s'est conservé de graver sur la tombe des maçons el des tailleurs de pierre des signes géométriques, qui sont l'emblême du métier.

Légendes et curiosités des métiers - Paul Sébillot

Toute ressemblance avec une structure à la fraternité prononcée serait une vraisemblance plausible.
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