Alain Soirat généalogiste    
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alibaudLe 25 juin 1836, vers cinq heures de l'après-midi, un jeune homme, visiblement en train d'attendre quelqu'un, discute avec les factionnaires sur la place du Carrousel près de l'Arc-de-Triomphe à Paris. Il se dirige bientôt à l'intérieur du guichet de la cour des Tuileries d'où sort une voiture ; le jeune homme se lève, pose sur la portière l'extrémité de sa canne, qui n'est autre qu'un fusil, et fait feu.
La balle évite le roi Louis-Philippe et va se loger dans la paroi supérieure de la voiture.
Aussitôt l'assassin est saisi par la Garde Nationale, on lui enlève un poignard dont il cherche à se frapper et, conduit au poste, il est reconnu par un armurier, sergent de la Garde ce jour là, comme un commis marchand venu examiner ses fusils-cannes quelques deux mois auparavant.
Devisme, l'armurier, avait confié vingt-cinq fusils à un nommé Alibaud, résidant à Paris, 5, rue de Valois-Batave, qui lui avait affirmé pouvoir les vendre en province. Il n'en fit rien, retourna vingt-quatre fusils accompagnés d'une lettre dans laquelle il expliquait son échec et le fait qu'il ne retrouvait pas le vingt-cinquième.
Alibaud, qui ne souhaitait pas se faire connaître, par égard pour sa famille, confirma son identité, assumant son geste, ne regrettant rien, prêt à recommencer tellement grande était sa conviction.
Louis Alibaud, né à Nîmes, le 2 mai 1810, était le fils de Barthelemy, un voiturier, et de Thérèse Magdelaine Barrière. C'est un ex-militaire dont la bonne moralité est reconnu. Alors qu'il faisait partie de la garnison de Paris lors de la révolution de 1830, il refusa de tirer sur le peuple et se laissa désarmer.
Dès le 26 juin, une ordonnance royaleconvoque la chambre des pairs. Les 8 et 9 juillet le procès se déroule, et son issue ne fait aucun doute aux yeux de Louis Alibaud. Il ne nie aucun des faits reprochés, se targue d'avoir fomenté l'attentat "depuis que Philippe Ier a voulu gouverner au lieu de régner et fait massacrer des citoyens dans les rues de Lyon, au cloître Saint-Merry" et avoue souhaité, par son geste, vouloir un bouleversement politique te l'établissement d'une république.
Malgré quelques tentatives d'exprimer ses idées, sa philosophie au travers d'un manuscrit qui lui sera retiré ou le début d'intervention de son avocat qu'il interrompra en lui disant "Je vous comprends, monsieur l'avocat ; vous voulez demander pour moi grâce et pitié ; mais je ne veux inspirer d'autre sentiment que l'estime ou la haine", la sentence de mort sera prononcé par le président. Ce dernier ordonne qu'il sera conduit sur le lieu de l'exécution en chemise, nu-pieds, la tête couverte d'un voile noir. Alibaud refusa de se pourvoir en grâce, et son avocat n'obtint non plus le pardon du premier citoyen du royaume.
Le lundi 11 juillet, à trois heures du matin, après avoir mangé, ne souhaitant rien écrire à son père pour lui éviter d'avoir un souvenir qui le tuerait, et avoir soutenu qu'il ne souhaitait pas tuer un homme, mais un principe, il fut conduit à l'échafaud. Là, après avoir embrassé son confesseur et avoir écouté la lecture de l'arrêt, il s'écrie : "Je meurs pour la liberté ! Pour le bien de l'humanité ! Pour l'extinction de l'infâme monarchie ! ... Adieu, mes braves camarades !"
En prononçant ces derniers mots, il se place lui-même sur la bascule, et presque au même moment sa tête tombe !

D'après "Causes célèbres politiques depuis le 16ème siècle jusqu'à nos jours", par Sir Paul Robert - Paris, 1846.
Illustration d'après un portrait de Louis Alibaud, conservé à la Bibliothèque nationale de France.
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