Alain Soirat généalogiste    
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saint jeanJean, prénom très répandu, tojours dans le haut du classement, tout au moins jusqu'au milieu du XXème siècle, est source de nombreux commentaires, anecdotes et railleries.
L'almanach des traditions populaires de 1884 en dresse une liste dans un article sur les prénoms dans le folklore et la lexicographie, qui ne manque ni de cachet ni d'humour :

Bouquet pour le jour de la Saint-Jean
Par saint Jean dis-moi, je te prie,
De quel Jean portes-tu le nom ?
Tu n'es point dans la litanie
De ces Jeans de mauvais renom ;
Au diable celui qui t'appelle
Ou Jean-Gile ou Jean-de-Nivelle,
Ou Jean-de-Vert, ou Jean-le-Roux,
Ou Jean-Gingeole, ou Jean-Farine.
Tu n'es ni Janot, ni Jean-Soul,
Ni Gros-Jean, ni Jean de l'Epine,
Ni Jean Deve, ni Jean Ridoux,
Ni Jean qui, prononcé par un homme en colère,
Est pire qu'un coup de tonnerre
Pour une pudeur de quinze ans;
Tu n'es point non plus de ces Jeans
Dont le menton déplaît à mainte prude dame ;
Tu n'es point Jean de par ta femme ;
N'étant rien moins que Jean-Doucet,
Jean qui ne peut ou Jean-Fausset,
Ce qui te manque un peu, c'est la bachique trogne,
A table tu n'es qu'un Jean-Logne,
Jean-Potage n'est point ton nom;
Serais-tu Jean Davalos ? Non ;
Ni Don Jean des Enluminures,
Ni Frère Jean des Antomures,
Jean des Vignes tu ne fus onc ;
Que diantre de Jean es-tu donc ?
Ne sçachant à quel Jean tu portes ton offrande,
D'un ton plus sérieux je finis ma légende.
Fêtes-tu Jean d'Été, fêtes-tu Jean d'Hiver,
Ou quelqu'un des Jeans du désert,
Jean-de-Latran ou Jean-Porte-Latine,
Ou bien porte-latin ? lequel des deux ? Devine.
Finissons par deux Jeans ; Jean premier, Jean second
Ils te suffiront pour te louer à fond,
Et te faire un bouquet qui fleure comme baume.
Je te crois par l'esprit un vrai Jean-Chrysostome,
Et par le coeur, saint Jean-le-Rond.
(Le Mercure, juin 1717.)

Les Jean en Basse-Bretagne
Jean (bête comme un) panais,
Jean Pieu (le niais),
Jean Bouillie (l'imbécile),
Jean Les Poux (le malpropre),
Jean Sec (l'avare),
Jean Large-Gorge (le grand buveur),
Jean Lèche-verre (l'ivrogne),
Jean Les Bonbons (l'engeôleur),
Jean Fil-et-Laine (l'hypocrite),
Jean Couvre-Pot (le mari complaisant),
Jeannot Content (le mari trompé).
(L. F. Sauvé, Proverbes el Dictons de la Basse-
Bretagne. Paris, 1878)

Un Jean-Jean est un imbécile.
(Gazette des Tribunaux, du 12 sept. 1835.)
Avoir des culottes à la Jean-Jean, c'est avoir des culottes trop courtes.

« Il fait comme le chien de Jean de Nivelle, il s'enfuit quand on l'appelle. »

« Tous ces amoureux transis
Choisissent les filles les plus belles,
Et moi, comme Jean de Nivelle
Je n'aurai plus que le frettin. »
(Pasquille nouvelle sur les amours de Lucas et de Claudine.)

Fai Jan de Nivello :
Quand pluéu, afournelo ;
Quand fai brave tems,
S'estend.
(Limousin, Armaua du Lengado.)

Jan de Nibèlo
Quond ploou, fournèlo
Quond fo bel temps,
S'esténd.
(J. de N. quand il pleut, entasse les mottes à brûler, quand il fait beau, il se couche.)
(Vayssier, Dict. dit patois de l'Aveyron.)

Faire les janlorgne, signifie faire le sot, l'innocent, le niais, faire le badaud, l'homme neuf,être étonné.
(Leroux, Dic. comique.)

Nous ne nous arrêterons pas au sens de cocu donné au prénom Jean ou à celui de Jeannin : il est bien connu. Nous ne citerons que double Jean, que Duez (Dict. Franç.-ital., 1678) traduit par beccaccio cornuto, beccone.

On appelle un Jean sans rire un homme sérieux qui ne rit jamais de ce qui fait rire les autres.
Cf. le mot pince sans rire.
(Hécart, Dic. rouchi. Valencienues, 1833.)

Quelque chose à la Jean Guèrin, c'est quelque chose de peu de valeur, de mal fait.
(Duez, Dic.franç.-ital., 167S.)

On appelle viande à Jean-le-Soul de la crème fouettée, mets à prendre quand on est déjà
rassasié.
(Jaubert, Dic. du patois du centre de la France, p. 693.)

Jan-femme = hermafrodito.
(Duez, Dic. franc.-ital., 1678.)

Jean de la Suie = savoyard.
(Franc. Michel, Dict. d'argot)

Jean de l'houssine = 1° bâton, 2° morceau de bois dont se servent les voleurs avec effraction.
(L. Rigaud, Dict. d'argot.)

Battre Jeannot c'est divaguer, ne savoir ce que l'on dit, ni ce que l'on fait.
(Perron, Prov. de la Franche-Comté)

Lorsqu'en hiver un temps humide et boueux est suivi brusquement d'un temps froid et sec, on
dit à Lorient : Jean la Boue a été ramassé (cette nuit (1)), on l'a mis en prison.
(1) C'est ordinairement pendant la nuit que ce changement de température a lieu.
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