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faux anarchisteGéraud Velle, un de mes ancêtres du côté des Chastrusse, eut avec sa femme, Jeanne Combret, une fille Anne, la plus jeune, qui s'est marié à un dénommé Léonard LEYMARIE.
De ce couple, cultivateurs, naquit, entre autres enfants, Pierre Joseph, le 16 mars 1877, à Forgès, en Corrèze.
En ces temps où l'attrait pour la ville, et la capitale en particulier, était fort important, où il semblait que tout y était possible, Pierre Joseph tenta sa chance à 17 ans à Paris, où il exerçât la profession de laveur de vaisselle dans plusieurs restaurant que sa sa soeur aînée, Antoinette, bonne à Belleville, lui avait trouvé. Il affrontait la capitale, les difficultés, les problèmes. Il finit sa courte vie professionnelle dans un restaurant au 4, boulevard Malesherbes qu'il quittât à la fin de juin 1896. Ce garçon de taille moyenne, imberbe, aux cheveux bruns, aux yeux noirs trés vifs donne l'air d'un campagnard endimanché plutôt que d'un politicien de réunions publiques, un campagnard dans un monde citadin avançant à un rythme bien différent de celui de sa campagne. Il laissait à Forgès son père, sa mère et trois de ses frères et soeurs.
Pierre Joseph, sans travail, subsistait grâce à quelques finances que lui transmettait sa famille.
Mais Pierre Joseph, au-delà de ces problèmes matériels, nourrissait une aversion de cette société, qui se traduisait par une folie de la persécution.
Comme il le relate dans sa déposition, il se prend pour un anarchiste, se sent pisté par la police, surtout depuis la dernière venue du Tsar, et ses participations à des réunions publique où la police le reconnaissait.
Il possédait bien chez lui le Père Duchesne, le Libertaire, les Temps nouveaux, le Procès d'un révolté et quantité de chansons révolutionnaires, mais cela n'en faisait certes pas un anarchiste comme ceux qui avaient défrayé la chronique quelques années plus tôt, mais plutôt un déséquilibré s'étant emparé d'une mission à exécuter : "tuer un flic". Mission qu'il avoua à sa soeur qui lui dit "Tu es fou mon pauvre frère, ça te conduira à l'échafaud". Ce à quoi il répondait "Toi aussi, tu es de la police !".
C'est ainsi qu'en ce début de novembre 1896, il se rendit coupable d'un geste criminel ainsi relaté par le journal La Lanterne du 3 novembre 1896 :

Agression contre un Gardien de la Paix
Une scène dramatique s'est passée hier, à deux heures de l'après-midi, dans la rue Croix-des-Petits-Champs, en face la porte militaire de la Banque de France. Un fou -que la préfecture de police a voulu faire passer pour un anarchiste dangereux- a tiré des coups de revolver sur l'agent Mireux, n° 244, du 2e arrondissement, et l'a blessé assez grièvement.
Un gardien de la paix, l'agent Audry, témoin de la tentative de meurtre a arrêté l'agresseur, qui a tiré sur lui, sans l'atteindre, un coup de revolver.
Conduit au commissariat de police de M. Peschard, rue Marsollier, le meurtrier, déclara se nommer Leymarie (Joseph), âgé de dix-neuf ans, garçon cuisinier, né à Forges (Corrèze), demeurant 43, rue d'Aboukir.
Interrogé par le commissaire de police, Leymarie a déclaré que n'ayant pas mangé depuis deux jours, il avait voulu "attirer l'attention sur lui et se faire arrêter".
- Ce matin, a-t-il raconté, j'ai porté un pardessus pour le vendre chez un fripier de la rue des Francs-Bourgeois. Les difficultés qu'il a faites pour me l'acheter, et surtout les formalités qu'il a voulu m'imposer pour me le payer à domicile m'ont bien fait comprendre que j'étais poursuivi par les soupçons de la police. D ailleurs, ajoute t-il, cela devait être, puisque ceux qui m'entourent connaissent mes idées anarchistes.
Leymarie, pendant tout l'interrogatoire, est resté très calme, paraissant insouciant
de ce qui se passait autour de lui.
- Vous me direz, a-t-il ajouté, que je pouvais me faire arrêter sans tuer un "flic"... c'est peut-être vrai, mais j'ai trouvé ce moyen là plus simple.
On lui fait remarquer qu'il n'est pas dans la misère, qu'il demeure, non en garni, mais dans une chambre dont les meubles lui appartiennent, et qu'enfin il posséde un revolver d'une certaine valeur.
- J'ai acheté mon revolver il y a un mois, répondit-il, ne sachant pas ce que j'en ferai ; mais pour rien au monde je ne m'en serais séparé.
Bref, de toutes ces réponses, il résulte que le meurtrier est un malade atteint de la folie de la persécution et non un disciple de Ravachol, comme on le prétendait chez M. Puybaraud.

Notre enquête
Nous nous sommes rendu rue d'Aboukir et nous ayons pu recueillir chez Leymarie qui demeure dans la maison du commissariat de police du quartier du Mail, les renseignements suivants.
Leymarie était depuis trois mois sans travail, sa famille qui le soutenait cependant lui envoyait de temps en temps quelque argent.
Dermèrement il reçut 40 francs qui lui servirent à acheter un poéle et un revolver.
Ce matin en se levant n'ayant rien mangé la veille, il se rendit chëz un fripier de la rue des Francs-Bourgeois et offrit de lui vendre son pardessus.
Le lripier cousentit à le lui acheter six francs, mais ne voulut pas lui remettre cette somme ne sachant pas s'il n'avait pas volé cet effet. Il lui proposa d'aller payer à domicile.
"Puisque vous demeurez dans la même maison que le commissaire de police, lui dit le fripier, je 'Vous paierai devant lui."
Dans sa monomanie, Leymarie vit là un traquenard et cette pensée ne fit que l'exciter davantage.
Il partit résolu à "tuer quelqu'un". Rue des Francs-Bourgeois,rue Etienne-Marcel et boulevard de Sébastopol, il vit des agents, mais, dit·il, le coeur lui manqua.
Arrivé devant la Banque de France, il aperçut un homme qui le regardait fixement. Il le prit pour un agent de la Sûreté, eût peur d'être arrêté, et s'élançant alors sur l'agent Mireux qui causait avec un camelot nommé Blondel, il lui tira derrière l'oreille un coup de revolver.
Nous avons fait prendre, hier soir, à l'hôpital de la Charité, des nouvelles de l'agent Mireux.
L'état du malade paraissait assez satisfaisant. on ne croit pas sa vie en danger, malgré que la balle n'ait pu encore être extraite. ...

Dénouement étrange de cette histoire, le gardien de la Paix Mireux, sortit assez vite de l'hôpital, sans avoir subi d'intervention chrirugicale, mais avec la balle dans la tête, car elle n'a pu être retrouvée ! Une radiographie faites dans les jours qui suivirent ne permit toujours pas de la situer ! On conseilla à Mireux d'aller voir un médecin dès qu'il sentirait une douleur ...
Quant à Pierre Joseph, reconnu irresponsable, il a été enfermé définitivement à l'asile de Sainte-Anne. Il décèdera le 18 novembre 1900, à l'hospice du Kremlin-Bicêtre, à l'âge de 23 ans.
Sa soeur Antoinette se mariera à Paris, 19e, avec Jean François Gauthier, un lorrain, le 2 octobre 1897, un de ses frères, domicilié à Paris, Pierre, âgé de 25 ans, assistera au mariage.
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