Alain Soirat généalogiste    
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loup garouLes êtres fantastiques, dragons, goules, licornes, elfes et autres vampires, peuplent la littérature, le cinéma et les séries télévisées, nous proposant, au fil des ans, des versions de plus en plus fantastiques, dérivant vers des effets visuels parfois fort discutables.
Nos ancêtres pensaient que certaines de ces créatures faisaient vraiment partie de leur entourage. Quelques unes apparaissaient, au gré de quelques histoires chuchotées voire de libations alcoolisées prononcées. Mais la vindicte populaire pouvait avoir des effets irrévocables, sur un être humain, sa famille, sa descendance.
Ainsi comme évoqué ci-après, le loup-garou, que certains arrivaient à reconnaître hors son accoutrement, pouvait apporter le malheur sur une famille entière.
Il faudra une société un peu plus civilisée pour que l'on puisse admettre qu'une personne qui court dans un champ en hurlant, ou celle qui a une pilosité plus qu'abondante, n'est pas un loup-garou ...
Les descriptions qui suivent sont toujours tirées de l'ouvrage d'Alfred de MORE sur les mythes et traditions en France, paru en 1846.

L'être fantastique qu'on nomme le loup-garou ou le lycanthrope, et qui était connu ,des Grecs, des Romains, des Celtes, des Francs et autres peuples, apparait aussi dans tous les coins et recoins de la Montagne Noire. L'habitant de cette contrée affirme que la destinée a voué certains hommes à cette transformation qui a lieu durant la pleine-lune. C'est la nuit que le mal les prend ; alors, ils sortent de leur lit, sautent par les fenêtres, et vont se précipiter dans une fontaine. Après l'immersion, ils se trouvent revêtus d'une peau à longs poils, et, marchant, à quatre pattes, ils courent de côté et d'autre, dans les champs, dans les bois, dans les villages, mordre gens et
bêtes qu'ils rencontrent. A l'approche de l'aube, ils retournent se plonger dans la fontaine, et ils y déposent leur enveloppe poilue, pour aller ensuite se replacer dans le lit qu'ils avaient quitté.

Au Pays Basque, le loup-garou se montre tantôt sous la forme d'un chien blanc à l'endroit où quatre chemins se rencontrent ; d'autres fois, il traîne des chaînes dont le bruit retentit au loin.

En Aquitaine, Les loups-garous, ont un air triste et mélancolique; ils ne se montrent point dans les églises et se tiennent à l'écart. On fuit les familles où l'on suppose que se trouvent de ces êtres réprouvés, et elles sont obligées de s'unir entre elles ; car personne n'accepterait leur alliance.

Le loup-garou est nommé dans le Périgord lou-léerou. Certains hommes, et notamment les fils illégitimes, sont forcés, à chaque pleine lune, de se transformer en cette bête diabolique. C'est la nuit que le mal les prend, et lorsqu'ils en sentent les approches ils s'agitent, sortent du lit, sautent par la fenêtre, et vont se précipiter dans une fontaine, où après avoir battu l'eau pendant quelques moments ils sortent du côté opposé à celui par lequel ils sont entrés, et se trouvent revêtus d'une peau de chèvre que le diable leur a donnée. Dans cet état, ils marchent à quatre pattes, passent le reste de la nuit à courir les champs; les villages, et mordent ou mangent tous les chiens qu'ils rencontrent ; puis, à l'approche du jour ils déposent leur peau de chèvre et rentrent chez eux. Souvent ils sont malades et ont des indigestions, surtout lorsqu'ils ont mangé des chiens très-vieux, dont on leur voit même rendre des pattes entières. Ce qu'il y a de plus fâcheux pour eux, pour leur réputation, c'est que pendant qu'ils courent après les chiens, ils peuvent recevoir des coups de fusil ; que s'ils viennent à être tués, l'enveloppe du démon disparait, et qu'alors ils sont reconnus, ce qui est une très grande honte pour leur famille. Au reste, pour peu qu'on prenne la peine d'y faire attention, on distingue très-bien le loup-garou, lors même qu'il n'a pas d'enveloppe, car ses doigts sont un peu plats, et il a quelques poils dans le creux de la main.

En Normandie, avant la révolution de 1793, on publiait des Monitoires, que l'on appelait aussi Quérémonies, contre le malfaiteur qui n'avait pu être découvert et ceux qui le connaissaient, mais qui ne voulaient pas le livrer. Si le criminel ne se présentait pas à la troisième publication, il appartenait au diable et courait le Loup-garou; car alors on le débaptisait, et ceux qui le cachaient avaient le même sort. Tous les soirs, après le coucher du soleil, le malheureux se revêtait d'une peau de loup, qu'on appelle Hère ou Hure, et le diable, à qui il était échu en partage, le fouettait cruellement au pied de toutes les croix et au milieu de tous les carrefours. Du reste, pour délivrer un loup-garou, il faut lui porter sur le front trois coups de couteau bien appliqués. Si le sang coule, le loup-garou est sauvé, sa Hére tombe. D'autres personnes pensent qu'il ne faut tirer que trois gouttes de sang. Le loup-garou court de trois à sept ans: si on manque à le délivrer, ce temps recommence.

A lire sur Gallica, l'amusante histoire du voleur de poules loup-garou, images d'Épinal dont est tirée l'illustration de cet article.
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