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michelade nimesLe texte ci-après est extrait des volumes de l'"Histoire civile, ecclésiastique et littéraire de la ville de Nîmes", par M. MÉNARD, conseiller au présidial de la ville de Nîmes, daté de 1754.
Pour une lecture plus facile, j'ai repris le texte original dans un style différent, quoique proche, de celui utilisé dans l'original.

En souvenir d'un cours d'Histoire où la Michelade de Nîmes fut évoquée, voici le témoignage d'un prêtre, malencontreusement impliqué dans ces évènements mais qui réussira à s'en sortir vivant ; dans l'illustration, le fameux "puits".

Informations sur le massacre et les troubles de la Michelade, à Nîmes.
An 1567 et 1568

Du dernier jour du mois d'octobre 1568, maître Jehan BOMPAR, prêtre, habitant de Saint Gervasy, près de Nîmes, diocèse de celui-ci, âgé de cinquante-six ans, moyennant serment prêté, dit que le mardi, dernier jour de septembre dernier, qui suit le jour où la ville de Nîmes fut prise et saisie par sédition par le capitaine Bouillargues et d'autres, ses complices de la nouvelle religion, dits Huguenots, le déposant se trouva par cas fortuit dans la dite ville pour certaines affaires siennes, fut constitué prisonnier, mis et enfermé dans la maison de Maître Jehan GREGOIRE, par cinq soldats de la dite religion, armés d'épées et d'arquebuses. Parmi lesquels on trouvait un nommé MARSAULT, alias le Courbat, cordonnier de Nîmes, et un autre nommé GODOFFRE, marchand de Nîmes, et un cardeur de laine qu'il ne sait pas nommer, ni les autres de la dite troupe. Étant ainsi prisonnier et l'avoir saccagé de sa bourse, où il y avait huit testons, ils voulurent le mener à la maison épiscopale de Nîmes pour le meurtrir, comme l'on menait plusieurs autres prêtres et catholiques, qu'on avait pris dans la dite ville, ainsi qu'on disait. Toutefois il pria tous les susnommés de lui faire venir, avant de le faire mourir, un nommé Maître Louis PILLET, tanneur de Nîmes, pour lui déclarer certain argent qu'il feignait lui devoir ; ce qu'ils accordèrent. Ils le firent venir par le moyen d'un garçon de la maison dudit sieur GREGOIRE, lequel arrivé, accompagné d'un nommé LE BASTEL, de la compagnie dudit Bouillargues, grand ami dudit PILLET, fit tant avec le dit BASTEL, qu'il fit délivrer le déposant entre les mains dudit BASTEL qui l'emmena dans la maison de maître Robert le BLANC, juge ordinaire de Nîmes où il demeura caché et prisonnier l'espace de douze jours avec maître Raymond ALLIRAND, notaire royal à Nîmes. Il s'évada grâce à un charretier de cette maison qui le mit et le cacha dans un tombereau, couvert de fumier, et ainsi le mit aux champs dans une olivette. De là il se sauva en pourpoint jusqu'à la ville de Beaucaire, de nuit et par des sentiers et des voies obliques.
Jehan dit qu'étant constitué prisonnier, comme dessus, dans la maison dudit GREGOIRE où les soldats le tinrent prisonnier toute la nuit jusqu'au lendemain mercredi, et étant dans la dite maison, certains, qu'il ne sait nommer, de la sédition, armés des armes comme dit ci-dessus, vinrent interpeller maître Guy ROCHETTE, docteur et premier consul de la ville de Nîmes. Etant dans la dite maison de GREGOIRE, disant, en criant à haute voix, qu'il leur baille et rende les clefs de la porte de la ville, en criant et usant de grands blasphèmes et menaces, et que si ce dernier ne rendait pas les clefs ils mettraient les portes à terre. ROCHETTE, voyant cela, ayant au préalable chargé le chaperon de consul sur le col, sortit de la maison, accompagné d'un frère à lui, nommé Robert GREGOIRE, docteur et avocat à Nîmes, et s'en allèrent à la maison de ville et consulaire, sans depuis être retournés à leur maison. Le lendemain mercredi, premier jour d'octobre, au matin, le dit déposant était encore dans la dite maison, et, depuis la porte de la dernière chambre, vit et entendit Pierre [SUAVIS] SUAU, dit le capitaine Bouillargues, accompagné d'une grande troupe de soldats, armés d'arquebuses et autres armes venir dire et notifier à maître Jehan GREGOIRE, sa femme et autres domestiques comme on avait tué cette nuit le dit ROCHETTE, lui disant qu'il prit patience et qu'il ne s'étonne de rien car l'on faisait de même dans tout le royaume, pour autant que les papistes avaient fait plusieurs massacres contre ceux de leur religion, voulant dire des Huguenots. Et le dit Bouillargues ne dit point au dit GREGOIRE si l'on a tué ou meurtri maître Robert GREGOIRE, frère utérin de ROCHETTE, que l'on avait tué avec le dit ROCHETTE, comme il fut dit par les domestiques dudit GREGOIRE. Et le déposant vit aussi que les soldats qui faisaient sa garde dans la maison, sortirent deux chanoines de Saint-Gilles, qu'il ne sait nommer, étant prisonniers au bas de la maison de GREGOIRE, avec un marchand de Paris, et leur fait bailler l'argent qu'ils avaient, les emmenèrent hors de la maison, où ils dirent après qu'ils en tuèrent quelques uns de ceux prisonniers à l'évêché, lieu où les autres furent meurtris. N'a plus rien dit, signe et persévère BOMPAR, prêtre.
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