Alain Soirat généalogiste    
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laboureurJe ne résiste pas au plaisir de partager l'introduction à l'ouvrage de Jean LABOUREUR, écclésiastique, écrivain du XVIIe, "Tableaux généalogiques ou seize quartiers de nos Rois depuis Saint Louis jusqu'à présent, des Princes et Princesses qui vivent et de plusieurs seigneurs écclésiastiques de ce Royaume".

L'ensemble étant précédé, donc, d'un "Traité préliminaire de l'origine et de l'usage des quartiers pour les preuves de noblesse", par le P. MENESTRIER, de la compagnie de Jésus.
Les usages, les buts, les manières de faire, le pragmatisme et la foi exprimés dans ces quelques lignes sont vraiment représentatifs de ce que peut être un travail de généalogiste de ces Temps Modernes.
Nous lisons donc, avant de retrouver tableaux, arbres, blasons et tables alphabétiques, une :

"Introduction à l'origine des quartiers et des preuves de noblesse
"Quoi que la vertu soit la principale noblesse de l'homme, étant la noblesse de l'âme, elle n'est pas la seule que l'on considère aujourd'hui : et quoi que les oracles sacrés aient commencé par elle les preuves de la descendance de Noë, ce célèbre patriarche, qui conserva les espérances du monde au temps du déluge universel, une naissance avantageuse ne laisse pas de contribuer quelque chose à cette noblesse de l'âme. C'est ce que l'Histoire Sainte a voulu dire de ce patriarche, lorsque rapportant sa naissance, elle a dit, voici les lignes et les quartiers de Noë. Noë fut un homme de bien, il trouva la vertu dans sa race, sa naissance fut sans aucune tache, et comme il eut le bonheur d'avoir des ancêtres vertueux par une grâce singulière, dont Dieu voulut accompagner son entrée dans le monde ; sa vie fut aussi réglée dans les exercices de piété, et il se proposa uniquement la gloire de Dieu à chercher dans sa conduite, comme il reconnaissait d'ailleurs par des sacrifices continuels que c'était Dieu seul, qui était l'auteur de tous les biens qu'il possédait. Noë invenit gratiam coram Domino. Hae funt generationes Noë : Noë vir justus atque perfectus fuit in generationibus fuis cum Deo ambulavit. Gen.6.
"L'innocence, la piété, la pénitence, la religion, la modestie, le zèle, la contemplation, et la prière furent les degrés par lesquels le sang d'Adam coula jusqu'à Noë, purifiant par ces canaux ce qui s'était corrompu dans sa source. C'est ainsi que l'Histoire Sainte oppose les lignes de la grâce aux lignes du péché, quand elle oppose la descendance de Noë par Seth, Enos, Cainam, Malacel, Jared, Enoch, Mathsales, et Lamech, à l'infâme postérité de Caim, qui périt dans le déluge, et qui sembla depuis renaître en celle de Cham ; Noë n'ayant pas été aussi heureux en ses enfants, qu'il avait été du côté de ses pères.
"J'apprends d'une Saryre de Perse que les romains avaient égard aux seize quartiers dans leurs descendances, principalement pour les successions aux héritages : qu'il ne leur était pas toujours aisé de produire ces seize quartiers à cause des hommes nouveaux, et des affranchissements, chacun  fuyant autant qu'il pouvai de remonter à une origine qui le fît paraître venir d'un étranger ou d'un esclave. Ils poussaient quelquefois ces preuves jusqu'aux trente-deux quartiers, rarement aux soixante-quatre, au-delà desquels ils avouaient la plupart qu'il n'y avait plus que ténèbres, et des enfants de la terre, c'est à dire des hommes d'une origine incertaine.
"Quare ex me quis mihi quartus
"Sit pater ; hand promte, dicam tamen : adde etiamunum,
"Unum etiam ; terra est jam filius, & mihi ritu
"Manius hic generis propè major avunculus exit.
"Perf. Sat. 6.
"Si de tous mes aïeux rappellant la mémoire
"De ma race on m'oblige à retracer l'histoire,
"Jusqu'à mon trisaïeul, en comptant sur mes doigts,
"Je pourrais rapporter les noms et les emplois :
"Jusque là je remonte avec un peu de peine ;
"Mais à pousser plus loin l'origine certaine,
"De ceux dont mes aïeux sont aussi descendus,
"Que puis je démêler dans ces noms confondus ?
"Ils sont fils de la Terre, et c'est par cette mère,
"Que le dernier esclave a droit d'être mon frère".
"Nous aimons naturellement à savoir l'origine des grands hommes, quelque petite qu'elle soit, elle est toujours glorieuse, quand les rameaux qui en descendent vont en s'étendant. C'est ce qui avait obligé monsieur l'abbé le LABOUREUR à déterrer avec un travail infatigable la naissance de nos héros, et de nos grandes familles, qui tiennent aujourd'hui le premier rang dans ce royaume. La mort qui interrompt presque toujours les grandes entreprises, l'empêcha de publier ce qu'il avait commencé de faire mettre sous la presse. On a sauvé de ce débris quelques parcelles de ce grand ouvrage, et c'est ce qu'on vous donne ici, dans l'espérance que ceux qui ont le reste entre les mains, auront peut-être un jour le même zèle pour en enrichir le public. Nous avons l'obligation à  messieurs de SAINTE MARTHE, du CHESNE, de SAINT JULIEN, la MORLIERE, le LABOUREUR ancien prévôt de l'Ile Barbe, du BOUCHET, d'HOZIER, JUSTEL, GUICHENON, de LA ROQUE, CHORIER, ALLARD et quelques autres, et aux pères VIGNIER, AUgustin de PAS, ROBERT, COLUMBI, ANSELME, etc, de nous avoir fait connaître des familles considérables dans les généalogies qu'ils ont publiées, ou entières, ou par parcelles. Mais nul n'avait encore entrepris de nous donner les seize quartiers des personnes de ces Maisons, qui vient à présent, comme monsieur SPENER l'a fait de celles d'Allemagne, et de quelques autres de France, d'Espagne, d'Italie, et d'Angleterre, à l'exemple de plusieurs écrivains de son pays, particulièrement de RITHERSUSSIUS, et du R.P. Dom BUCELIN.
"J'ai mis à la tête de ce recueil de lignes et de quartiers un petit traité de l'origine, de l'usage et de la pratique de ces lignes, et de ces quartiers pour les rendre intelligibles à ceux qui ne ont pas accoutumés à voir ces sortes de descendances. Ceux qui voudront y entrer plus avant, et pénétrer davantage dans la connaissance de la noblesse, pourront s'en instruire dans cinq ou six petits traités que j'ai donnés sur ce sujet, dont deux sont de l'origne des armoiries, et de tous leurs ornements ; deux autres des diverses espèces de noblesse, tant de France que des autres états de l'Europe, où j'ai tâché de faire voir tous les usages de ces nations pour le fait de la noblesse avec leurs preuves.
"Le cinquième; qui est sous la presse, est de l'ancienne chevalerie, de ses usages, de ses privilèges, et de ses diverses espèces, de ses marques d'honneur, et de toutes les chevaleries qui ont été jusqu'à présent, où je détruis une infinité d'erreurs de FAVYN, de MENNENIUS, et de tous les autres auteurs, qui ont confondu toutes les chevaleries, qui en ont introduit qui n'ont jamais été, et qui leur ont donné des marques d'honneur qu'elles n'ont jamais pratiquées.
"Le sixième, est la pratique des armoiries pour tous les souverains, et tous les princes, offices et dignités, tant ecclésiastiques que séculières durant six ou sept siècles, avec l'usage et les caractères différents de toutes les nations de l'Europe.
"Cet ouvrage des 16 quartiers sera utile à tous ceux qui sont obligés de dresser leurs quartiers pour leurs preuves de noblesse, quand ils veulent être reçus dans l'ordre de Saint Jean de Jérusalem, autrement dit Malte, parmi messieurs les Comtes de Lion et de Brioude, parmi messieurs de SAINT CLAUDE, et parmi les dames de Remiremont, de Mons, de Maubeuge, d'Épinal, etc.
"Il ne servira pas moins à ceux qui sont obligés de recevoir ces preuves, de les reconnaître, et de les examiner, et aux juges et aux avocats pour le contestations qui naissent presque tous les jours sur les degrés de parenté, les successions, les alliances, les prétentions, et les représentations. On donne précisément tout ce que l'on a trouvé imprimé, et l'on n'a ni ajouté ni retranché quoi que ce soit à l'ouvrage de monsieur LABOUREUR. On a cru devoir lui garder cette fidélité. On a seulement ajouté une table, trés exacte pour faire connaître les alliances des familles, tant des rois de France depuis Saint Louis que des plusieurs autres princes et seigneurs du royaume, et de tout ce qu'il y a de remarquable dans le présent ouvrage, pour la commodité de ceux qui voudront se servir de ce livre pour trouver les blasons, et les alliances de ces Maisons.
"Les romains ont été extrêmement soigneux de faire paraître leurs descendance, comme on verra par les exemples que j'allègue en ce traité, auxquels j'ajoute cette inscription, que j'ai ramarquée à Milan, auprès de l'église de Saint Laurent, où restent dix-huit colonnes d'un ancien ouvrage avec cette inscription, que j'ai copiée sur le lieu même :
"IMP. CAESARI
"AURELIO VERO
"AUG. ARMENIACO
"MEDICO PARTHICO
"MAX. TRIB. POT. VII
"IMP. IIII. COS. III. P.P.
"DIVI ANTONINI F.
"DIVI HAGRIANI
"NEPOTI
"DIVI TRAJANI PARTHICI
"PRONE POTI
"DIVI NERVAE
"ABNEPOTI
"DE. DEC."
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