Alain Soirat généalogiste    
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Iblas combornl est dans les généalogies de ces personnages dont on se souvient plus facilement qu'ils ont fait l'objet de nombreuses chroniques, études, livres. Parmi ceux-ci, Archambaud de COMBORN, premier du nom, situé à la 28ème génération de ma généalogie, ayant vécu à la fin du Xe siècle sut défrayer les chroniques plus d'une fois.
On le trouve ainsi décrit par le prieur de Vigeois, Geoffroy :
"Du temps de l'empereur Othon et du roi Hugues, l'an 987, il avait soutenu plusieurs combats ; que, la reine ayant été accusée d'adultère, il avait entrepris sa défense avec vigueur qu'il avait contraint ses accusateurs à prendre la fuite. Il ajoute que le grand carnage qu'il faisait de ses ennemis dans les combats l'avait fait surnommer Le Boucher."
C'est au travers du récit de Horace de VIEL-CASTEL, dans son premier voyage en Limousin en 1845, que l'on découvre une personne inspirant, plusieurs siècles plus tard, une grande terreur.
Le premier guide en Corrèze d'Horace VIEL-CASTEL le nomme Archambaud Jambe pourrie, l'enterreur de moines et l'explique :
"J'entends, monsieur, qu'Archambaud Jambe pourrie, seigneur de Comborn, était un vrai diable ; on prétend qu'il avait fait un pacte avec Satan et jamais en effet plus mauvais seigneur n'a paru dans le pays. Pour un oui ou pour un non, il tuait sans pitié les pauvres moines des abbayes voisines de son château, et il y a encore, à Comborn, un puits tout rempli des ossements de ces malheureux."
Le Père Lacoste, le meunier du Saillant, lorsqu'il grondait quelque enfant lui disait : "Attends ! attends drôle, Gamba putrida va venir te prendre."

Le second guide d'Horace, un homme plus instruit qui l'accompagnera dans son périple, lui décrit les Comborn et plus particulièrement Archambaud :
"— Les Comborn, mon cher monsieur, répondit sérieusement mon ami l'antiquaire, sont une des plus anciennes familles du Limousin ; leur origine, comme le disent les généalogistes, se perd dans la nuit des temps.
Je les crois venus dans nos montagnes avec les premières armées frankes qui les ont traversées, et telle était leur illustration dès les premiers temps de la conquête franke, que plusieurs familles féodales de l'Europe rattachaient leur origine à cette famille.
— Ce que vous me dites des Comborn me rend encore plus désireux de connaître leur histoire, et d'apprendre ce qui a pu donner lieu aux légendes barbares répandues sur l'un d'entre eux, qui avait pour surnom Gamba putrida.
— Hélas ! ces légendes ne disent que la vérité ; mais elles mettent sur le compte d'un seul les cruautés de tous les Comborn, et comme plusieurs de ces puissants vicomtes ont porté le nom d'Archambaud, l'erreur a été d'autant plus facile. Archambaud Jambe pourrie était fils de Raymond, premier comte de Quercy, qui, le premier, prit le titre de vicomte de Comborn ; à la mort d'Aymar de Turenne, en 984, il lui succéda dans la possession de la vicomté de Turenne, à laquelle il réunit les vicomtes de Comborn et de Ventadour, c'était donc un très-puissant seigneur. Il était de plus très redouté de ses voisins, et la renommée de sa force et de sa bravoure s'étendait au loin. Ses exploits étaient racontés chez les peuples les plus éloignés et l'Europe savait son surnom de Boucher, qui lui avait été donné parce que, disait-on, il taillait ses ennemis sur le champ de bataille et les pourfendait avec le glaive, comme un boucher taille et pourfend les animaux de sa boucherie.
— C'était en effet un terrible homme qu'Archambaud le Boucher.
— A son époque c'était un homme dont tout le monde recherchait l'amitié, que tout le monde admirait et auquel Richard sans Peur, duc de Normandie, donna sa soeur en mariage.
Geoffroy de Vigeois, dans sa chronique, prétend qu'il accepta plusieurs combats singuliers pour défendre l'honneur de la femme de l'empereur Othon IV. Mais Geoffroi de Vigeois se trompe, et si jamais Archambaud a soutenu par les armes l'honneur de quelque femme, ce doit être celui d'Emma, femme de Lothaire, princesse très-galante.
— Jusqu'à présent, je ne comprends pas pourquoi cet Archambaud est connu sous le surnom de Gamba putrida.
— Patience, nous y arrivons. Archambaud, après la mort de sa première femme, soeur du duc de Normandie, épousa Sulpicia, fille du vicomte de Turenne ; à la mort de son beau-père il eut à soutenir une guerre contre Ranulfe Cabridel, vicomte d'Aubusson, époux d'une soeur de Sulpicia.
Ranulfe Cabridel prétendait au partage de la vicomte de Turenne; il s'était emparé du château de ce nom et s'y défendit longtemps contre Archambaud qui, cependant, finit par l'emporter d'assaut. Pendant l'attaque Archambaud, qui brisait les portes de la citadelle féodale à grands coups de hache, eut une jambe prise entre les deux battants de la porte principale; sa jambe fut cruellement meurtrie et jamais il ne put guérir complètement cette blessure. C'est ainsi qu'Archambaud le Boucher fut surnommé Gamba putrida.
— Je comprends maintenant la cause du surnom, m'écriai-je en souriant, l'explication est de la plus grande lucidité, mais je ne m'explique pas encore cette renommée de tueur de moines qui lui a été faite.
— Je vous l'ai déjà dit, mon cher monsieur, la plupart des Comborn ont porté le nom d'Archambaud, et les traditions populaires appliquent à un seul individu ce qui est l'oeuvre de plusieurs. Puis enfin, tous les crimes des Comborn sont revenus de droit au premier Archambaud, dit Gamba putrida, parce qu'il est demeuré le plus célèbre de tous les Comborn par sa réputation de courage. Ainsi ce fut Archambaud III qui, dans un jour de colère, massacra douze moines de l'abbaye de Tulle, et, pour expier son crime, car les Comborn, s'ils tuaient volontiers, expiaient toujours et rachetaient leurs crimes par quelques pieuses fondations, il donna, en 1071, la chapelle de Saint-Genest à Saint-Martin de Tulle et fonda l'abbaye de Meymac de l'ordre de Saint-Augustin.
Archambaud V ne tua qu'un moine et fonda l'abbaye du Glandier. D'autres Comborn ont commis des crimes : Èbles II déshonora publiquement la femme de son oncle Bernard et, il fut tué par Etienne de Bossac, mais la mémoire d'Archambaud reste chargée de ces forfaits.
Les Comborn étaient une race hardie et guerrière; ils ont eu les qualités et les défauts des hommes des siècles dans lesquels ils ont vécu ; il ne faut pas les isoler de leur époque pour les juger; les récits populaires sont toujours appuyés sur quelque fait vrai, je le sais ; cependant, pour ne pas-être induit en erreur, il est nécesaire de les discuter et de les critiquer avec la vérité historique."
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