illus 037Diantre ! Encore une date de naissance fausse, et une autre de mariage complètement absurde ; mais que fait le généalogiste ?
Dirons-nous qu'il fait ce qu'il peut ? Que non, je ne m'y aventure pas et estime que tout bon généalogiste fait ce qu'il a à faire. Mais l'erreur est bien humaine n'est-ce pas ? Certes, considérons toutefois quelques cas, et ne jetons pas notre colère sur le premier venu.
Au registre des fautes lourdes, nous allons trouver l'officier d'état-civil ou le prêtre qui, selon les lieux, les périodes et les personnes, résoud à sa manière les difficultés rencontrées par la lecture d'un acte ou d'une communication écrite, en transcrivant à sa manière la date. On ne s'étonnera alors pas que le futur généalogiste fasse de même et, rigoureusement, recopie l'erreur, faisant confiance à notre homme.
Ainsi, lorsque, dans un acte de mariage, nous trouvons "Josette BRUN, née le 14 avril 1816 à Saint-Julien-les-Cougourdes ...", nous retranscrirons sereinement le 14 avril 1816 comme jour de naissance de Josette BRUN. Il faudrait évidemment aller vérifier ... Et si l'on s'aperçoit qu'il n'y a pas de naissance à Saint-Julien-les-Cougourdes ce jour-là, nous ferons alors ce que tout bon généalogiste se doit de faire : une recherche ! Dans les dates, les lieux plus ou moins proches.

illus 023Le généalogiste est, comme nous le savons tous depuis quelques temps déjà, une personne qui effectue des recherches sur la filiation des individus. Et, comme nous l'avons également dit plusieurs fois, ces recherches se complètent en de nombreux domaines pour arriver à une Histoire familiale ; mais cette quête n'est pas une évidence pour tout le monde. En effet, nous croisons dorénavant sur les différents réseaux auxquels nous sommes interconnectés, un grand nombre de généalogistes aux buts peu précis, aux ambitions délirantes, aux collections exhubérantes. Venant de leur part on ne peut que s'attendre à une vague information concernant un de leurs 250.000 individus recensés pour l'instant.
Ces énormités, ces entités généalogiques dégoulinant de toutes parts d'une apocalyptique mise en relation avec des personnages aussi différents qu'Attila, Charlemagne, l'abbé Pierre, Mireille MATHIEU ou Mickey, proviennent de multiples fichiers, de logiciels et sites proposant une aide "précieuse" afin que vous réalisiez le plus parfaitement possible votre généalogie.
Et nous constaterons la disparition de l'imaginaire, de la créativité, de la curiosité. Le généalogiste va s'appliquer à trouver quelques relations pré-mâchées et vous les resservir toutes chaudes enveloppées dans le même papier que celui du voisins du dessus et de la voisine de gauche ! Heureusement, nous ne sommes pas comme cela.
Internet, les logiciels, les réseaux, les bases de données sont là pour nous aider, nous guider, permettre de dénouer des liens pour lesquels il nous aurait fallu des mois, voire des années, de recherche. Mais lorsque tous les éléments sont retrouvés, classés et répertoriés, leur communication ne doit plus être le seul fait d'une machine à fabriquer des lignes de caractères indigestes pour les uns, monotones pour les autres, déjà vues pour la plupart.

illus 022Quelques contre-vérités - épisode 2

6- Nos ancêtres se mariaient très jeunes
De toute exagération, retenons-nous dans ce domaine. Si nous pouvons effectivement rencontrer quelques mariages dans lesquels les mariés sont fort jeunes, ce n’est pas une généralité à appliquer à tous. Notre société actuelle décale le mariage, ou l’union, et donc les naissances, dans le temps, faisant apparaître nos aïeux, évidemment, comme moins âgés lors de leur union. Au Moyen-Âge, même si l’on pouvait faire des promesses, des fiançailles, on ne peut se marier qu’à partir de 12 ans pour les filles et 14 ans pour les garçons, la Révolution portera cette limite à 13 ans pour les filles et 15 ans pour les garçons, de nos jours le chiffre est porté à 18 ans pour les deux sexes ; mais ces limites ne sont en aucun cas des obligations. Ces modifications révèlent bien sûr des mentalités, des habitudes, des besoins évolutifs dans la période ; le mariage n’est plus synonyme d’émancipation, d’installation sur une terre, ou, dans une situation fixe, de durée de vie moins importante. Nombre de nos aïeux, au XIXe, passaient les obligations militaires avant de se marier.
Nos parents se mariaient donc plus jeunes que maintenant, mais en fonction d’une époque et d’us que nous avons décalés dans le futur ; pour retrouver des mariages d’enfants, comme nous les considérons aujourd’hui, il faudra remonter plus en arrière dans le temps. Par contre, on rencontrera beaucoup de remariages, voire très tard. Rester seul était une contrainte financière que peu arrivaient à supporter.

illus 005C'est vrai, je le répète souvent, la généalogie, ce n'est pas l'Histoire familiale. C'est un moyen, une partie, un outil, mais ce n'est pas une fin en soi, bien que ... le terme désignant de nos jours tout ce qui concerne, justement, les événements, les liaisons, les personnes d'une même famille, nous en faisons une généralité.
Mais ce qui me fait dire que cette partie de l'Histoire familiale qu'est la généalogie se différencie du reste c'est, qu'à priori, il s'agit d'une science ayant pour objet le dénombrement par filiation des ancêtres d'un individu. Ce dénombrement se réalise bien souvent grâce à des actes authentiques, d'État-Civil, paroissiaux, de notaires, d'imposition etc ... Ces documents, comme ceux du mariage, permettent de se faire une idée de la famille grâce aux professions, aux âges, aux témoins etc., l'imagination fera le reste. Aussi, quand nous avons un acte relevé ainsi :
"Constant MOMON, tonnelier, domicilié avec ses parents à Accolay (Yonne), où il est né le 9 décembre 1842, fils de Charles Victor, marchand de vin, âgé de 46 ans, et d’Anne BILLAUDOT, âgée de 48 ans, s’est marié à Accolay, le 28 mars 1865, avec Marie Alexandrine SIROT, couturière, domiciliée avec ses parents à Accolay, où elle est née le 8 juin 1846, fille d’Alexandre, propriétaire, âgé de 43 ans, et de Marie Jeanne PHILIPPON, âgée de 42 ans. Charles MOMON, propriétaire, domicilié à Accolay, âgé de 73 ans, aïeul de l’époux, est présent."

illus 030Le généalogiste, le généanaute, bien que sa tâche soit simplifiée par l'utilisation des différentes techniques liées à l'informatique, est confronté à l'utilisation de nouveaux outils pour lesquels il doit passer par une phase de formation non dénuée d'un fort investissement personnel. Nous ne nous lamenterons pas dans ce propos sur le fait que ces techniques sont, soit-disant, "intuitives" ...
Parmi ces techniques je voudrais faire une petite approche de l'organisation, de la manipulation et de la consultation des fichiers.
Un fichier est une entité informatique comportant des données. Ces données sont de plusieurs sortes, définissant l'utilisation desdits fichiers. Basiquement, on trouve des fichiers exécutant des tâches et d'autres comportant des informations exploitables par la première catégorie. Pour un généalogiste ce peut être son logiciel de généalogie et le fichier comprenant les données relatives aux personnes étudiées. Bien que les systèmes d'exploitation, c'est à dire ce qui permet de manipuler ces fichiers, ne le laisse guère plus apparaître maintenant, le nom d'un fichier se caractérise par deux informations, un peu comme dans l'identité d'une personne : son nom de famille et son prénom ! Le nom de famille correspond à ce que l'on nomme l'extension, elle suit la dénomination du fichier, séparée par un point. Un fichier est donc nommé "nom_de_mon_fichier.nom_de_famille". L'extension permet de savoir ce à quoi l'on a affaire. Par exemple .exe, .com sont des exécutables, des programmes. Par contre .doc, .jpg, .ged etc. révèlent un fichier contenant des informations, doc pour du traitement de texte Word, jpg pour une image compressée, ged pour les fichiers de généalogie.

illus 015Relaté dans plusieurs journaux de l'époque, le récit qui suit, emprunté au Petit Journal du 23 juillet 1865, vaut son pesant de mots :

A la bonne heure ! Voilà deux jeunes gens qui ont trouvé à innover en matière de mariage.
Pour dresser leur contrat ils n'ont pas eu recours au notaire ; ils l'ont fait eux-mêmes. Et quel contrat !

Art. 1er. Nous aimant et nous connaissant assez pour être certains que l'un de nous deux ne peut être heureux que par l'autre, nous nous unissons pour vivre toujours ensemble en bons époux.
Elle sera moi et je serai elle ; il sera moi et je serai lui.
Art. 2. (C'est Jules qui parle.)
Je promets à Sophie de consacrer toutes mes pensées, tous mes travaux, tout mon être, à la faire subsister avec probité et décence, elle et les enfants qu'elle me donnera.
Art. 3. (C'est Sophie qui répond.)
Je promets à Jules de contribuer avec lui à préserver notre mariage de la gêne et du besoin ; pour cela je me ferai de l'ordre une habitude et de l'économie un devoir.
Art. 4. (Jules.) Je me dépêche d'avouer que je suis quelquefois emporté et violent dans mes mouvements de colère ; je demande grâce pour le premier moment.

illus 004La passion du généalogiste réside-t-elle dans la recherche ou dans le résultat ? Je me demande si, à la manière du joueur qui, s'il ne perd jamais, ne voit aucun intérêt à jouer, le généalogiste, le vrai, le pur, le dur, ne prend pas plus de plaisir à chercher qu'à trouver ?
J'avoue qu'au niveau satisfaction et plaisir, le fait de découvrir un personnage, un événement après avoir fait une suite de déductions aussi alambiquées que possible, avoir parcouru des dizaines d'archives, m'est beaucoup plus agréable que découvrir le même personnage après avoir tapé son nom dans Généanet.
Certes, me répond mon alter-ego qui a toujours l'oeil sur le cursus des finances, mais le temps c'est de l'argent ... Oui, mais dans le cas de la recherche généalogique par plaisir ou pour faire plaisir, ni le temps, ni l'argent ont de l'importance !
Jetons nous donc dans le bain de cette recherche, la vraie, qui relève le plus souvent de l'enquête policière plutôt que du questionnaire à choix multiples. Car c'est bien cette enquête, ce moment où l'on échafaude une théorie pour partir à la recherche de l'oncle Marcel, celui qui a disparu un beau matin de la ferme familiale en laissant sa femme et ses six enfants, qui fait le plaisir. Plaisir que l'on poursuivra en rebondissant d'actes en actes, de coupures de journaux en constatations d'huissiers ou de testaments enfin révélés.

illus 006Je ne compte plus depuis longtemps déjà les messages ressemblant à cette récrimination, appel au noble combat de la protection des données. C'est cyclique, redondant, c'est le sujet dans lequel s'engouffre un maximum de trolls au profil généalogique aléatoire, tantôt collectionneur de montres Pikachu, tantôt amateur d'ancêtres perdus dans les couloirs peuplés d'octets de nos "compiouteurs". Mais, après tout, c'est un peu comme le reste, on a beau dire qu'il ne faut pas fumer, qu'il ne faut pas trop manger, qu'il ne faut pas trop boire, qu'il ne faut pas chanter après vingt-deux heures, qu'il ne faut pas rouler trop vite, qu'il ne faut pas ... nous n'écoutons pas ! Ainsi, depuis le temps que nous disons, ressassons, rabâchons que mettre des données sur Internet à la disposition de tout le monde c'est bien quand même pour que les autres en profitent, les recopient, en usent et en abusent, ceux qui le font et s'en offusquent méritent l'opprobre pour le moins, et beaucoup plus si affinités. Et ces malheureuses victimes, consentantes, de revenir encore une fois sur le fait que tout le travail de recherches, les longues heures passées à la bougie devant son ordinateur, les interminables transcriptions de notaires aussi frileux que grabataires à l'écriture instable, ne méritent pas d'être ainsi honteusement pillés ! Bien fait pour eux !

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