illus 045Il est étonnant de voir comme la pratique de l'internet et des réseaux électroniques modifie les comportements de l'humain et des méthodes, préceptes et autres consignes mis en place.
La liberté virtuelle engendre une débauche de statuts que l'individu, la société, la collectivité, l'entreprise, adaptent à leur propre fonctionnement, parfois sur les conseils d'une agence de communication qui dira tout et le contraire de sa voisine.
C'est une constatation que, au delà des nombreuses communications virtuelles de tout poil auxquelles nous sommes confrontés, j'ai ressenti en visitant pratiquement toutes les Archives Départementales en ligne. Généalogistes, chercheurs, farfouilleurs de documents rares, étudiants, connaissent le cadre de classement ainsi que les différents termes employés ; repères et aides dont nous avons besoin pour situer les documents convoités. Des quatre coins de la France (sic), cette nomenclature est donc comprise et l'échange linguistique devient possible.
Si les lexiques, voire l'ensemble du cadre de classement, sont assez souvent disponibles sur le site de référence, il n'en va pas de même, sur le même site, de l'accés aux documents, de la méthodologie de recherche et du classement des dits documents.
On constate ainsi que les documents d'état-civil peuvent être rangés dans une catégorie nommée "Généalogie", catégorie pouvant aussi contenir des archives militaires, quelques recensements et peut-être deux ou trois tables de succession ; le reste ne devant pas intéressé le généalogiste. D'autres services vous mèneront, par des chemins détournés, au traditionnel cadre de classement : on s'y retrouve ! Pour d'autres encore il faudra enclencher une "recherche thématique" ou une "recherche simple" ou bien encore, dans quelque lien d'un protocole ignoré, aller voir soit le fonds d'archives, soit la recherche généalogique, soit ...

illus 044Le terme est très utilisé dans le domaine de l'informatique et des nouvelles technologies ; le troll moyen, voire le débutant quelquefois, l'expert ramenant tout à la fin du monde, l'utilisent régulièrement pour démontrer - ou au moins vous provoquer - que votre activité est inutile parce qu'elle vous prend beaucoup trop de temps. Quant aux têtes bien pensantes, c'est à grand renfort d'études scientifiques menées aux quatre coins de la planète qu'ils vous prouvent que votre activité est chronophage.
En clair, on vous dit que tout ce que vous faites prend du temps !
Depuis Fernand Raynaud et le refroidissement d'un certain canon, on n'avait pas fait mieux !
Personnellement, et en dehors de l'activité informatique, je trouve que la visite chez mon médecin est très chronophage, quant à la pêche à la ligne, je ne vous dis pas !
Mais alors, pourquoi cette vindicte autour de l'ordinateur et de sa non assistance à personne en plein stress horaire ? Notre activité prend du temps, oui, et alors ? Jusqu'à présent, il faut toujours un "certain temps" pour réaliser une quelconque manipulation, l'interrogation devrait plutôt viser ce "certain temps" que l'obligatoire chronophagie en dépendant.
Notre domaine, la généalogie, n'échappe évidemment pas à cette règle. Et ce qui est chronophage ici l'est aussi dans de nombreuses autres activités : le manque de connaissances. Se former avant d'entreprendre, apprendre à se servir des outils, connaître le maximum de ressources, savoir utiliser correctement un logiciel, s'entourer de personnes compétentes, sont autant de bonnes pratiques qui, bien que chronophages, facilitent la tâche et réduisent les temps de travail.

Comme beaucoup de généalogistes de par le monde, vous avez peut-être l'occasion de vous servir, régulièrement ou occasionnellement, du site FamilySearch. Le site généalogique de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (les Mormons) va changer sa politique d'accés à ses millions de données à partir du 13 décembre 2017.

En effet, s'il était possible de consulter une grande partie des documents, d'interroger la base de données, de surfer sur le site sans s'identifier, cela sera obligatoire à partir de cette date.
Il est évoqué, entre autres, le fait que nombre de visiteurs passent à côté de beaucoup des possibilités offertes par le site, possibilités qui ne sont accessibles qu'à partir d'un compte.
Ces comptes, que l'on peut créer dès à présent, et depuis fort longtemps, devraient ainsi procurer beaucoup plus d'expériences aux visiteurs. Nous n'en doutons certainement pas mais préférons également avancer qu'il est toujours bon de savoir qui vient consulter des données, humain ou robot, curieux ou prédateur et de pouvoir communiquer avec eux ...
Je dois dire que depuis les nombreuses années que je fréquente les sites, aussi bien physiques que virtuels de cette Église, je n'ai pas eu vraiment à me plaindre d'une politique commerciale, encore moins de démarches d'adhésion ou de messages journaliers plus divers les uns que les autres.

illus 042Les pélerinages généalogiques sont nombreux, variés, et adaptés au travail des généalogistes, localement, voire nationalement. Si partir sur les terres de ses ancêtres ou retrouver les champs de batailles de l'aïeul mort pour la France en 1917 font partie des plus connus, le salon généalogique est aussi un de ces grands moments dans la vie du traqueur d'ancêtres.
J'ai eu l'occasion d'en pratiquer quelques uns et en fréquente un, régulièrement et annuellement ; certes je n'y passe pas plus d'une heure, mais c'est un petit instant de prise de température. Cette année, exceptionnellement, j'avais un couple de lozériens à retrouver, j'ai eu beau arpenter les allées et interroger les associations présentes, aucune n'a pu répondre à mon attente. Mon couple reste toujours caché, et bien caché !
Le salon généalogique c'est la présence d'un grand nombre d'acteurs autour d'une passion commune. On y retrouve pêle-mêle associations, généalogistes, libraires, inventeurs, parfois même, mais pas dans mon cas, une ou deux administrations. Et tout ce petit monde de vanter ses produits et son addiction à une discipline grandement partagée en France.
Le tout est somme toute un peu tristounet et l'allure des stands, en général, n'est pas d'une grande tenue. Tout le monde est assis derrière une table, le nez souvent plongé dans un ordinateur, dans l'attente du chaland. Cela me change des salons dans d'autres disciplines que j'ai fréquentés et animés dans mes années passées : il fallait aller chercher le client.

illus 041C'est tendance, bien entendu ! Les concepts d'un côté et de l'autre prennent aussi l'ascendance sur nos poussièreuses généalogies, en attendant une fulgurante descendance ... Et le machinwashing fait partie de la tendance.
Cette notion, très utilisée par les grandes marques pour se targuer, par exemple, de plus d'écologie, c'est le greenwashing, un mea-culpa de la si précieuse communication d'entreprise ; et elle me donne l'impression de conquérir la généalogie. Certes nous n'en sommes pas encore au cassoulet certifié généalogie 221F parce que c'est la recette officielle des ancêtres du traiteur local, mais ... les débuts sont prometteurs et l'on voit quelques généalogistes, des associations, des sites web orner leurs devantures de nouvelles orientations, toutes généalogiques, et pour le plus grand bien de tous, nous accédons au généawashing. Le moindre prétexte à inclure la généalogie dans le moindre interstice culturel, historique, éducatif etc. où il fera le plus grand bien à tous, petits et grands, et surtout à son créateur qui se targuera d'une mission certes pas divine, mais pas loin ...
Le généawashing traite ainsi de tout et passe à la moulinette du blanchiment un vaste ensemble de domaines qui font la richesse de cette discipline, nous les avons déjà évoqués : histoire, onomastique, géographie, ethnologie etc. Ainsi si tout est prétexte à faire de la généalogie, tout ne devient pas généalogie et cette miraculeuse machine à laver, et souvent à déteindre, le linge de nos ancêtres ne doit pas nous faire transformer notre passion en une paranoïa aveuglante. J'avais déjà évoqué cette attitude lors d'un article à propos de ce que l'on nomme "Tunnel vision" chez les gamers (voir ici). Si nous justifions toute nos actions et nos positions autour de la généalogie, nous finirons par ne plus voir, comprendre, appréhender ce qui se passe autour de nous.

illus 040"Ah ben oui ma brav'dame, si vous aviez connu not' époque, c'était tout de même aut' chose !"

Quel généalogiste, au début, en cours ou à la fin d'une discussion sur la famille, l'Histoire, la société et les vicissitudes personnelles, n'a jamais entendu ce genre de réflexion : "C'était mieux avant !". L'historien qui sommeille en tout généalogiste va réagir plus subtilement, à la vitesse de l'éclair, les autres se contenteront d'un "C'est ben vrai ..." ou d'un "Pour sûr !", laconiques. Réagissons donc avec toute la nuance qui sied à notre discipline en replaçant dans le contexte le "C'était mieux avant".

Personnellement, je préfère : "C'était différent avant" ; ce qui ne m'engage guère et s'avère véridique la plupart du temps. A lire tous ces actes, ces articles de journaux, ces écrits historiques, ces constatations de notaires, les cadastres et autres compoix, quelques terriers et ces trop rares livres de raison, je ne pense pas souhaiter aller vivre dans le passé, quel qu'il soit. Y aller vivre quelques jours, en vacances, certes oui, mais pas trop longtemps !
Il va sans dire que si notre situation financière, sociale, familiale vient de se dégrader depuis quelques temps, nous ne pouvons que regretter un temps passé ; mais dans la généralité, le temps d'avant, c'est un temps différent, un autre temps, passé, sur lequel nous devons nous reposer pour nos actions présentes. Nos familles, nos recherches nous en ont convaincus, se sont bien souvent déchirées ; savoir ce qu'il s'est passé nous permettra, peut-être, de ne pas refaire la même chose.

illus 039Nous vivons un monde de communication formidable !
Et les généalogistes de s'esbaudir devant la prochaine mise en ligne des archives du Jura. Chouette ! A condition toutefois que la commune recherchée fassent partie des heureuses élues !
Et nos toujours gentils généalogistes de tirer à boulets rouges sur le Gard, mauvais élève. Pourtant, comparé à d'autres départements qui osent dire que leurs archives sont en ligne, le Gard offre un bel ensemble sur le web. Certes les Archives Départementales ne proposent que les registres matricules pour quelques années, bien indexés, mais le site Brozer est une véritable mine d'actes pour le chercheur ayant des ancêtres dans le Gard.
Chauvin certes, mais réaliste aussi, je ne mets pas le Gard dans les dernières positions pour la disponibilité de documents. Si notre voisin l'Hérault fait preuve d'une magnifique mise en ligne de nombreux et variés documents, que notre Lozère amie s'est dotée de beaux outils ainsi que les nombreux départements voisins, on aura bien du mal à trouver quelque chose dans certains coins et époques de la Gironde, du Finistère, des Hautes-Pyrénées, du Gers, de la Seine-Saint-Denis, du Jura, de la Moselle, de la Haute-Savoie, du Doubs ou de la Réunion. Certains de ces départements ne se préoccupant absolument pas de la majorité de leur clientèle, les généalogistes, et mettant en ligne des documents, d'un intérêt certain pour l'archiviste et d'une plus que relative attention desdits généalogistes. Il est plus facile de faire des recherches en ligne dans le Gard que dans la plupart de ces départements.

illus 038Aujourd'hui le Réboussié (*) de naissance que je suis est plutôt content en voyant la tournure de beaucoup de généalogies et les prises de consciences de nombreux généalogistes.
Est ce l'effet centenaire 14-18 ? Et donc la prise en compte d'événements autres que la naissance, le mariage et le décès de nos parents, voire les quelques archives qui mettent en lignes autre chose que l'état-civil et les registres paroissiaux. Toujours est-il que je rencontre de plus en plus de généalogies voisinant la biographie et les références à des actions et des participations diverses de nos ancêtres dans leur vie quotidienne. Détrôneront-elles le sempiternel et unique arbre généalogique, souvent moche et blasonné façon cucu-la-praline, histoire de se prendre pour un Bourbon dans sa galerie (oui mais sans glace ! On n'est pas à Versailles !) ?
Je le pense réellement, je pressens comme un léger frémissement (c'est dire que c'est naissant). Les blogs généalogiques, qui sont un bon moyen pour le quidam de publier sur un site des récits, des anecdotes, des histoires, sans avoir connaissance d'un quelconque langage HTchose ou Javamachin, en sont bien une preuve : ils regorgent de cette histoire, petite et locale, qui fait toute la saveur d'une généalogie correctement exprimée.

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