Alain Soirat généalogiste    
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Le Journal des Débats du 22 octobre
Un horrible accident a eu lieu dans la soirée du 11 octobre à Vittel (Vosges). Une jeune femme, Marie-Louise PETICOLAS, étant chez son père, aubergiste et limonadier à Vittel, descendit, vers six heures du soir, dans une cave pour tirer d’une bonbonne d’huile de pétrole l’éclairage nécessaire à l’établissement. Elle se munit à cet effet d’une chandelle, et prié son aïeul, le sieur HENRY, de vouloir bien l’accompagner.
Celui-ci versait le liquide en tenant la bonbonne inclinée vers la lumière, qui se trouvait aux mains de sa petite-fille, lorsqu’une étincelle ou seulement le contact de la chandelle trop rapprochée fit éclater le vase dans les bras du vieillard.
La liqueur se répandit aussitôt comme en torrents de feu sur la pauvre Marie, qui, redoutant d’abord un incendie dans la maison de ses parents, s’efforça de le paralyser, et ne songea à fuir que lorsque ses vêtements furent en partie brûlés. Elle était à demi asphyxiée.
Par un effort suprême, elle remonta cependant et se précipita éperdue dans une salle où se trouvaient trois consommateurs. L’un d’eux, le sieur THOMAS, maréchal-ferrant à Vittel, tenta vainement de secourir la victime, en comprimant sous ses mains les flammes dévorantes, et ne réussit qu’à rendre les brûlures plus profondes.
Malgré toute l’énergie de ce brave homme, la malheureuse Marie se trouva en quelques instants littéralement nue. Tous ses vêtements s’étaient consumés sur son corps ; c’est dans cette situation qu’elle fut accueillie par une dame du voisinage, qui s’empressa de lui donner du linge. Elle fut ensuite ramenée chez son beau-père, le sieur PETITCOLAS, et parcourut ainsi à pied une distance de 150 mètres.
Les deux autres consommateurs avaient pris la fuite en voyant entrer dans la salle la victime de ce cruel accident. Quant au sieur HENRY, grâce à son costume plus commode, il avait pu s’échapper de la cave sans blessures sérieuses. Les pompiers et les habitants de Vittel ont dû intervenir pour éteindre l’incendie, qui menaçait d’envahir la maison du limonadier, et ils s’en sont rendus maîtres sans trop de peine.
Le jour suivant, à trois heures du soir, Marie PETICOLAS succombait après des souffrances inouïes : elle avait dix-neuf ans ; elle laisse un enfant de sept mois. Son mari n’a pas encore atteint sa majorité. (Echo de l’Est.)

L’enquête généalogique :
Marie Louise PETITCOLAS, âgée de 20 ans, fille de Joseph, maître d’hôtel, âgé de 48 ans, et d’Ursule HENRY, âgée de 39 ans, épouse de Victor PETITJEAN, cultivateur, âgé de 19 ans, est décédée à Vittel (Vosges), le 12 octobre 1865. Victor PETITJEAN, cultivateur, âgé de 43 ans, domicilié à Vittel, beau-père de la défunte, déclare le décès avec Joseph PETITCOLAS, père de la défunte.
Joseph PETITCOLAS, cultivateur, domicilié à Vittel, où il est né, le 28 janvier 1818, fils de Jean François, cultivateur, âgé de 69 ans, et de Catherine PHÉLISSE, âgée de 60 ans, domiciliés à Vittel, s’est marié à Vittel, le 22 janvier 1845, avec Ursule HENRY, domiciliée à Vittel, où elle est née, le 15 septembre 1825, fille de Jean Hubert, teinturier, âgé de 48 ans, et de Marie EMER, âgée de 50 ans, domiciliés à Vittel.
Jean François PETITCOLAS, né à Vittel, le 30 avril 1776, fils de défunt Michel, laboureur, et d’Agnès MILLOT, s’est marié à Vittel, le dix frimaire de l’an 10, avec Catherine PHÉLISSE, née à Vittel, le 6 juin 1784, fille de défunt Joseph, laboureur, et de Catherine DUPONT, âgé de 50 ans.

Support : BNF Gallica, AD des Vosges, Geneanet
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