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Le Siècle du 11 octobre
Tribunaux.
Cour d’assises de la Seine.
Présidence de M. de LAFAULOTTE.
Audience du 9 octobre.
Assassinat d’une femme par son amant.
L’accusé qui comparaît aujourd’hui devant les assises, Joseph-Pascal FICHAUX, exerce la profession de chiffonnier ; il s’est marié en 1843 ; sa brutalité, ses habitudes d’intempérances et l’emportement de son caractère n’ont pas tardé à rendre la vie commune impossible.
En 1849, sa femme s’est vue contrainte de le quitter ; à partir de cette époque, l’accusé a vécu avec la femme Marie GORUS, dont il s’est séparé en 1864, après l’avoir maltraitée gravement. Il prit alors pour concubine la nommée Marie BIDAU, veuve GOSSE, chiffonnière à Aubervilliers. L’accusé apporta chez elle ses effets et ses chiffons et tous deux exercèrent leur commerce en commune. Cette cohabitation, pendant laquelle la femme GOSSE devint enceinte, fut troublée par des querelles fréquentes. Pour mettre un terme à une existence insupportable, la femme GOSSE loua, le 8 juillet dernier, un petit logement dans une maison voisine et annonça qu’elle irait y exercer sa profession à partir du 15 du même mois. L’accusé se montra profondément irrité de cette résolution et manifesta l’intention d’en empêcher l’exécution. Il fit même mettre un cadenas sur la porte du magasin, dont la veuve GOSSE s’était réservé la jouissance. Le 15 juillet, cette femme voulut y entrer pour enlever ses chiffons. Aussitôt éclata entre elle et l’accusé une querelle plus violente que les autres. Aux reproches que lui faisait la veuve GOSSE, FICHAUX répondait : « J’irai au grand pré, mais auparavant je débarrasserai la terre de toi. » Enfin la veuve GOSSE pénétra dans son magasin. L’accusé entra aussitôt dans une écurie où étaient déposés ses chiffons, il en ressortit immédiatement, armé d’un stylet et d’un couteau-poignard. La veuve GOSSE était alors sur le seuil de sa porte, ayant un paquet dans ses bras. FICHAUX, de sa main gauche, la saisit à la gorge, et de la main droite lui porta un coup de stylet au côté gauche de la poitrine. Cette malheureuse femme s’affaissa en criant : « Au meurtre ! A l’assassin ! L’accusé lui donna alors un second coup dans le dos ; il se frappa ensuite lui-même à la poitrine et se fit une blessure dangereuse.
La mort de la veuve GOSSE avait été instantanée. L’arme, en pénétrant dans les poumons, avait ouvert une artère et détermina une hémorragie foudroyante.
Quant à l’accusé, il avait conservé son sang-froid. Il s’était placé à genoux sur le seuil de la porte, menaçant de frapper de son stylet ceux qui oseraient approcher.
Il se rendit néanmoins, sans résistance, au commissaire de police, en lui disant : « Qu’il avait bien arrangé sa femme, et qu’il n’était pas pris de boisson. » Plus tard, à l’hôpital Lariboisière, où il avait été transporté, il dit encore au commissaire de police : « Que depuis trois mois il avait résolu de se débarrasser à tout prix de la veuve GOSSE. »
L’interrogatoire de l’accusé et l’audition des témoins n’ont apporté aucune modification essentielle aux charges de l’accusation, qui a été soutenue par M. l’avocat général DUCREUX.
Me JOURDAN a présenté la défense de l’accusé.
Le verdict du jury a déclaré FICHAUX coupable d’homicide volontaire avec préméditation ; il a admis des circonstances atténuantes.
La cour a condamné FICHAUX à la peine des travaux forcés à perpétuité.

L’enquête généalogique :
Marie BIDAN, née à Villiers-sur-Yonne (Nièvre), fille d’Etiennette BIDAN, veuve en premières noces de Jean Pierre GOSSE, décédé à Paris, hôpital de la Pitié, le 30 avril 1864, est décédée cité Demars, 11, passage de l’Union, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le 15 juillet 1865.
Marie BIDAN, fille d’Etiennette BIDAN, âgée de 28 ans, fille de Léonard, vigneron, âgé de 55 ans, et d’Eugénie ROBINEAU, âgée de 59 ans, est née le 30 août 1835, à Villiers-sur-Yonne. Léonard BIDAN, grand-père de la nouvelle née déclare la naissance.
Etiennette BIDAN, fille de Léonard, propriétaire à Villiers-sur-Yonne, et d’Eugénie RAGOUGNEAU, est née le 2 novembre 1807, à Villiers-sur-Yonne.
Léonard BIDAUT, pensionné de l’État, né le 27 janvier 1780, fils de Léonard, âgé de 71 ans, et de défunte Catherine GRAILLOT, s’est marié à Villiers-sur-Yonne, le 16 novembre 1806, avec Eugénie RAGOUGNEAU, salariée chez M. BRUNIE, bourgeois de Villiers-sur-Yonne, fille de défunt Pierre, et de Suzanne MOREAU, âgée de 60 ans, domiciliée à Varzy (Nièvre).

Joseph Pascal FICHAUX, condamné au bagne en 1865, matricule 13658, s’est évadé le 27 juillet 1869.

Support : BNF Gallica, AM d’Aubervilliers, AD de la Nièvre, ANOM

Le Siècle du 11 octobre

Mortelles amours de chiffonniers

Tribunaux.

Cour d’assises de la Seine.

Présidence de M. de LAFAULOTTE.

Audience du 9 octobre.

Assassinat d’une femme par son amant.

L’accusé qui comparaît aujourd’hui devant les assises, Joseph-Pascal FICHAUX, exerce la profession de chiffonnier ; il s’est marié en 1843 ; sa brutalité, ses habitudes d’intempérances et l’emportement de son caractère n’ont pas tardé à rendre la vie commune impossible.

En 1849, sa femme s’est vue contrainte de le quitter ; à partir de cette époque, l’accusé a vécu avec la femme Marie GORUS, dont il s’est séparé en 1864, après l’avoir maltraitée gravement. Il prit alors pour concubine la nommée Marie BIDAU, veuve GOSSE, chiffonnière à Aubervilliers. L’accusé apporta chez elle ses effets et ses chiffons et tous deux exercèrent leur commerce en commune. Cette cohabitation, pendant laquelle la femme GOSSE devint enceinte, fut troublée par des querelles fréquentes. Pour mettre un terme à une existence insupportable, la femme GOSSE loua, le 8 juillet dernier, un petit logement dans une maison voisine et annonça qu’elle irait y exercer sa profession à partir du 15 du même mois. L’accusé se montra profondément irrité de cette résolution et manifesta l’intention d’en empêcher l’exécution. Il fit même mettre un cadenas sur la porte du magasin, dont la veuve GOSSE s’était réservé la jouissance. Le 15 juillet, cette femme voulut y entrer pour enlever ses chiffons. Aussitôt éclata entre elle et l’accusé une querelle plus violente que les autres. Aux reproches que lui faisait la veuve GOSSE, FICHAUX répondait : « J’irai au grand pré, mais auparavant je débarrasserai la terre de toi. » Enfin la veuve GOSSE pénétra dans son magasin. L’accusé entra aussitôt dans une écurie où étaient déposés ses chiffons, il en ressortit immédiatement, armé d’un stylet et d’un couteau-poignard. La veuve GOSSE était alors sur le seuil de sa porte, ayant un paquet dans ses bras. FICHAUX, de sa main gauche, la saisit à la gorge, et de la main droite lui porta un coup de stylet au côté gauche de la poitrine. Cette malheureuse femme s’affaissa en criant : « Au meurtre ! A l’assassin ! L’accusé lui donna alors un second coup dans le dos ; il se frappa ensuite lui-même à la poitrine et se fit une blessure dangereuse.

La mort de la veuve GOSSE avait été instantanée. L’arme, en pénétrant dans les poumons, avait ouvert une artère et détermina une hémorragie foudroyante.

Quant à l’accusé, il avait conservé son sang-froid. Il s’était placé à genoux sur le seuil de la porte, menaçant de frapper de son stylet ceux qui oseraient approcher.

Il se rendit néanmoins, sans résistance, au commissaire de police, en lui disant : « Qu’il avait bien arrangé sa femme, et qu’il n’était pas pris de boisson. » Plus tard, à l’hôpital Lariboisière, où il avait été transporté, il dit encore au commissaire de police : « Que depuis trois mois il avait résolu de se débarrasser à tout prix de la veuve GOSSE. »

L’interrogatoire de l’accusé et l’audition des témoins n’ont apporté aucune modification essentielle aux charges de l’accusation, qui a été soutenue par M. l’avocat général DUCREUX.

Me JOURDAN a présenté la défense de l’accusé.

Le verdict du jury a déclaré FICHAUX coupable d’homicide volontaire avec préméditation ; il a admis des circonstances atténuantes.

La cour a condamné FICHAUX à la peine des travaux forcés à perpétuité.

L’enquête généalogique :

Marie BIDAN, née à Villiers-sur-Yonne (Nièvre), fille d’Etiennette BIDAN, veuve en premières noces de Jean Pierre GOSSE, décédé à Paris, hôpital de la Pitié, le 30 avril 1864, est décédée cité Demars, 11, passage de l’Union, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le 15 juillet 1865.

Marie BIDAN, fille d’Etiennette BIDAN, âgée de 28 ans, fille de Léonard, vigneron, âgé de 55 ans, et d’Eugénie ROBINEAU, âgée de 59 ans, est née le 30 août 1835, à Villiers-sur-Yonne. Léonard BIDAN, grand-père de la nouvelle née déclare la naissance.

Etiennette BIDAN, fille de Léonard, propriétaire à Villiers-sur-Yonne, et d’Eugénie RAGOUGNEAU, est née le 2 novembre 1807, à Villiers-sur-Yonne.

Léonard BIDAUT, pensionné de l’État, né le 27 janvier 1780, fils de Léonard, âgé de 71 ans, et de défunte Catherine GRAILLOT, s’est marié à Villiers-sur-Yonne, le 16 novembre 1806, avec Eugénie RAGOUGNEAU, salariée chez M. BRUNIE, bourgeois de Villiers-sur-Yonne, fille de défunt Pierre, et de Suzanne MOREAU, âgée de 60 ans, domiciliée à Varzy (Nièvre).

 

Joseph Pascal FICHAUX, condamné au bagne en 1865, matricule 13658, s’est évadé le 27 juillet 1869.

Support : BNF Gallica, AM d’Aubervilliers, AD de la Nièvre, ANOM

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