Alain Soirat généalogiste    
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Le Siècle du 11 septembre
Voici en quels termes le Journal de Saint-Quentin rend compte de l’exécution de MANESSE à Landrecies :
L’auteur du sextuple assassinat commis il y a quelques mois au petit village du Favril, et qui tout aussitôt fit courir dans tout le pays un frisson d’horreur et d’épouvante en même temps, a subi, aujourd’hui samedi, la peine capitale à laquelle il avait été condamné par l’arrêt de la cour d’assises du Nord, du 6 août dernier.
MANESSE a été extrait hier dans la soirée de la prison de Douai, où il attendait le résultat de son pourvoi, qui a été rejeté et de son recours en grâce que l’énormité de son forfait ne permettait pas d’accueillir. Transporté par la voie du chemin de fer jusqu’à Valenciennes, il a trouvé à son arrivée dans cette ville, une voiture cellulaire qui l’a conduit pendant une partie de la nuit à Landrecies où l’arrêt de la cour avait ordonné que l’exécution aurait lieu.
On nous rapporte que pendant le lugubre trajet de Valenciennes à Landrecies, MANESSE était si peu ou paraissait si peu affecté de l’horrible réalité qui l’attendait au terme de son voyage que plusieurs fois il a commencé des chants que les gendarmes qui viellaient sur lui l’ont prié de cesser.
Il était environ cinq heures du matin lorsque MANESSE est arrivé dans cette ville, si voisine du théâtre de l’épouvantable drame du Favril. Il a été tout aussitôt conduit au corps de garde de la place où l’on a opéré son déferrement et où les exécuteurs des hautes œuvres de Douai, d’Amiens et de Laon ont procédé à ce qu’on appelle la dernière et lugubre toilette du condamné.
Cette sinistre opération terminée, MANESSE a marché d’un pas ferme vers l’échafaud, dressé tout près du corps de garde, et en a gravi les marches sans l’appui de personne et sans donner aucun signe de défaillance.
Arrivé sur l’échafaud, il a embrassé le Christ que le prêtre qui l’assistait lui a présenté, le prêtre ensuite qui lui prodiguait des paroles de résignation, et enfin l’un des trois exécuteurs, puis il s’est couché sur la planche, en criant à haute et très distincte voix : « Au revoir, terloutes, au revoir, mes enfants, au rev ... » Le mot n’a pu être achevé, le couperet venait de dire le dernier mot de la justice des hommes et de faire paraître le coupable devant celle de Dieu.
On évalue à plus de 10.000 personnes qui tant des environs que des localités plus éloignées se sont rendues à Landrecies pour assister à cette exécution, dont l’annonce, dès la veille et dans la nuit qui l’a précédée, s’était rapidement ébruitée.
La foule, nous dit-on, était si compacte aux environs de l’échafaud et tellement avide de voir de près les traits du condamné, que la force publique, chargée de maintenir l’ordre, a été obligée de la refouler pour dégager les abords de l’échafaud.

L’enquête généalogique :
Constantin Joseph MANESSE, cultivateur, âgé de 52 ans, domicilié et né au Favril (Nord), fils de Constantin Joseph, cultivateur, âgé de 76 ans, et de défunte Henriette PLINGUIER, époux d’Elisa LARGILLIÈRE, cultivatrice, âgée de 52 ans, domiciliée au Favril, est décédé à Landrecies (Nord), sur l’Esplanade, le 9 septembre 1865.
Joseph Constantin MANESSE, garde forestier, domicilié et né au Favril, le 21 février 1782, fils de Jacques Joseph, garde forestier, et de Marie Thérèse GOSSELET, s’est marié au Favril, le 23 novembre 1808, avec Marie Henriette Joseph PLINGUIER, cultivatrice, domiciliée au Favril, née à Prisches (Nord), le 5 mars 1769, fille d’Antoine, décédé à Prisches, le 6 pluviôse de l’an 8, et de Jeanne Joseph DRUART, décédée à Prisches, le 30 août 1785, veuve en première noce de Jacques Joseph DEMOULIN, décédé au Favril, le 20 fructidor de l’an 7, et en seconde noce de Louis Joseph ROUSSEAU, décédé au Favril, le 12 septembre 1807.
Jacques Joseph MANESSE, manouvrier, domicilié rue du Bois au Favril, âgé de 26 ans et demi, fils de Pierre, et de Jeanne Marie FIEVEZ, s’est marié au Favril, le 6 novembre 1781, avec Marie Thérèse GOSSELET, fileuse, domiciliée rue du Bois, au Favril, âgée de 25 ans, fille de défunt Hubert, et de Marguerite Joseph BAUDOUX. Les époux sont parents au quatrième degré égal de consanguinité.

Support : BNF Gallica, AD du Nord, Geoportail
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