Alain Soirat généalogiste    
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Le Journal des Débats du 9 septembre
On écrit de Saint-Hilaire-de-Talmont (Vendée), le 1er septembre, à l’Espérance de Nantes :
« Hier, vers onze heures, une charrette attelée de quatre bœufs et portant deux cercueils traversait la rue principale du bourg de Saint-Hilaire-de-Talmont (Vendée). A son approche, les portes et les fenêtres se fermaient et les habitants se tenaient à l’intérieur de leurs maisons, pour ne pas être témoins d’un spectacle qui leur rappelait un crime affreux.
Sur les confins de la commune de Saint-Hilaire-de-Talmont, et du côté de Grosbreuil, se trouve à l’écart une petite maison qui porte le nom de Petite Léreux ; elle était habitée depuis quelques temps par les époux François GUIBERT et Marie FOURNIER, mariés tous deux en secondes noces au mois de février dernier. Dans ce nouveau ménage, l’union ne paraissait pas parfaite ; mais rien cependant ne faisait prévoir une fin aussi triste et aussi lamentable.
Mardi dernier, un cultivateur labourait un champ voisin de la maison : tout à coup ses bœufs s’arrêtent, et, malgré l’aiguillon, refusent d’avancer. En même temps une odeur fétide et cadavéreuse se fait sentir. Le laboureur avance avec peine, et bientôt il aperçoit par la porte entr’ouverte, dans une petite chambre, le cadavre de GUIBERT, baigné dans son sang. La justice et la famille ont été informées aussitôt. Pendant ce temps-là, tout le monde se demandait ce qu’était devenue la malheureuse femme, qui n’avait pas paru depuis plus de dix jours.
Mercredi, dans la matinée, le procureur impérial des Sables, le juge d’instruction, un docteur-médecin et les gendarmes d’Avrillé se sont rendus sur les lieux pour faire la levée du corps. L’odeur était si infecte, que ces messieurs ont eu beaucoup de peine à pénétrer dans la chambre du crime. Ils ont trouvé GUIBERT tenant entre ses jambes un fusil à deux coups, avec lequel il s’était brûlé la cervelle. La mort paraissait remonter à cinq ou six jours. La maison principale, qui était fermée entièrement, a été ouverte, et l’on a trouvé la malheureuse femme étendue sans vie sur un lit. Elle avait le ventre fendu par un coup de couteau, le visage et la poitrine brûlés. On suppose que le cruel GUIBERT, pour cacher son crime, a voulu la faire rôtir dans son four. Il a eu le triste courage de l’habiller presque entièrement avant de la placer sur son lit. La mort paraissait remonter à une dizaine de jours.
Le corps de l’assassin, qui était un objet d’horreur pour tous, a été privé des honneurs de la sépulture. Il n’en a pas été ainsi de la pauvre victime. Pendant que l’on déposait son cercueil dans la fosse, le clergé psalmodiait tristement à l’église l’office des morts, en présence de quelques femmes qui priaient pour l’infortunée défunte. »


L’enquête généalogique :
François GUIBERT, journalier, âgé de 48 ans, né à La Chapelle-Achard (Vendée), fils de défunt François, et de Marie GUILLOTON, domiciliée au Bois Jaulin, commune de Saint-Hilaire-de-Talmont (Vendée), époux de Marie Rose FOURNIER, est décédé le 28 août 1865, à Saint-Hilaire-de-Talmont.
Jean DEBIEN, journalier, âgé de 32 ans, domicilié à Saint-Hilaire-de-Talmont, beau-frère du défunt, déclare le décès.
François GUIBERT, né le 2 août 1790, fils de François, métayer, et de Françoise DRAPIER, s’est marié à La Chapelle-Achard, le 29 novembre 1815, avec Marie Catherine GUILLOTON, âgée de 18 ans, fille des défunts François et Marie RABILLÉ.
Marie Rose FOURNIER, journalière, âgée de 49 ans, née à Jard-sur-Mer (Vendée), fille des défunts Mathurin et Marie Anne ROBLIN, épouse de François GUIBERT, est décédée le 28 août 1865, à Saint-Hilaire-de-Talmont.
Jean DEBIEN, journalier, âgé de 32 ans, domicilié à Saint-Hilaire-de-Talmont, beau-frère de la défunte, déclare le décès.
Mathurin Laurent FOURNIER, domestique, âgé de 27 ans, né à Saint-Hilaire-de-Talmont, fils des défunts, décédés à Saint-Hilaire-de-Talmont, Mathurin, le 10 décembre 1792, et Marie GUÉRIN, le 9 août 1792, veuf d’Adélaïde COUTURIER, décédée à Château-d’Olonne (Vendée), le 26 janvier 1813, s’est marié à Jard-sur-Mer, le 2 décembre 1813, avec Jeanne ROBLIN, âgée de 23 ans, domiciliée à Jard-sur-Mer depuis environ 11 ans, née à Aubigny (Vendée), fille de défunt Pierre, laboureur, et de Jeanne PETIT.

Support : BNF Gallica, AD de la Vendée, Geneanet, Gencom, Geoportail

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