Alain Soirat généalogiste    
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gen coup press illus 0023Le Constitutionnel du 6 septembre 1864

Morts par noyade du sauveteur et de l’imprudent

Un bien triste évènement, qui a eu pour funeste résultat la mort de deux personnes, est venu jeter, vendredi dernier, la consternation dans la ville de Verdun.

Le sieur PHULBERT (Nicolas), âgé de 23 ans, jardinier au faubourg Pavé, traversant le pont Chaussée, vers trois heures de l’après-midi, dans un état qui ne le laissait pas complètement maître de sa raison, eut la fâcheuse idée de marcher en dehors de l’un des garde-fous, et, perdant l’équilibre, tomba dans la Meuse.

Un soldat du 73e, BERTHÉLEMY (Emile-Julien), âgé de vingt-cinq ans et originaire de Louppy-le-Petit, de garde à la porte Chaussée, témoin de cet accident, et n’écoutant que son courage, se débarrassa à la hâte de ses vêtements, et, du parapet le plus rapproché du corps-de-garde, se précipita dans la rivière pour porter secours à PHULBERT. Etourdi sans doute par la chute et dans l’impossibilité de venir efficacement en aide à celui qu’il voulait sauver, BERTHELEMY reparut plusieurs fois à la surface de l’eau et appela au secours. Immédiatement des barques furent dirigées vers le lieu où se trouvaient les deux victimes ; mais lorsque le sieur LAGRUE fils, dont on ne saurait aussi trop louer la belle conduite en cette circonstance, parvint à les retirer successivement tous les deux, l’asphyxie était déjà consommée et tout secours était devenu inutile.

Les obsèques de PHULBERT ont eu lieu dimanche dans la matinée à la chapelle du faubourg Pavé. Celles de BERTHELEMY ont été célébrées en l’église Notre-Dame. Le clergé de la métropole, obéissant à une généreuse inspiration, a tenu à rivaliser de zèle avec l’autorité militaire et s’est offert à célébrer le service pour donner au souvenir de l’infortunée victime, au nom de la religion, un éclatant témoignage de l’intérêt qu’avait excité sa noble conduite. Le corps, qu’on était allé chercher processionnellement à l’église de l’hospice Saint-Nicolas, a été porté à la cathédrale, suivi par une foule nombreuse et recueillie. M. le lieutenant-colonel du 73e, et M. le colonel MARQUET, commandant par intérim la subdivision, conduisaient le deuil. MM. Les officiers des trois régiments en garnison à Verdun, tous les officiers et soldats du 73e sans armes, musique en tête, des détachements du 100e et du 7e cuirassiers accompagnaient la dépouille mortelle de BERTHELEMY. En outre, une grande partie de la population verdunoise, venue spontanément à cette lugubre cérémonie, et dans laquelle on remarquait M. le sous-préfet ; M. le maire et ses adjoints, M. le président du tribunal, M. le procureur impérial, quantité d’autres notabilités et presque tous les habitants du faubourg s’était fait un pieux devoir de rendre un dernier hommage au défunt.

L’enquête généalogique :

Nicolas PHULBERT, jardinier, âgé de 44 ans, domicilié et né à Verdun (Meuse), fils de défunt Pierre, et de Catherine CHAMBRIN, âgée de 73 ans, domiciliée avec sa bru rue de la Galavaude, faubourg du Pavé, à Verdun, époux de Cécile HIBLOT, âgée de 37 ans, est décédé à Verdun, rue Galavaude, le 26 août 1864.

Pierre PHULBERT, jardinier, ex Dragon à la cinquième compagnie du premier escadron du sixième régiment, domicilié avec son père, faubourg du Pavé, à Verdun, où il est né, paroisse Saint-Sauveur, le 7 août 1790, fils de Nicolas, jardinier et vigneron, âgé de 56 ans, et de défunte Françoise PÉRIN, s’est marié à Verdun, le 12 janvier 1819, avec Catherine CHAMBRIN, jardinière, domiciliée avec ses parents, à la Galavaude, faubourg du Pavé, à Verdun, où elle est née, paroisse Saint-Louis, le 18 novembre 1791, fille de Jean, jardinier et vigneron, âgé de 65 ans, et de Marie-Françoise LAMBRY.

Nicolas PHILLEBERT, né à Verdun, paroisse Saint-Sauveur, le 26 avril 1764, fils de Jean François, jardinier, et d’Anne PAQUIN, s’est marié à Verdun, paroisse Saint-Sauveur, le 14 juillet 1789, avec Françoise PÉRIN, née à Verdun, paroisse Saint-Sauveur, le 2 février 1764, fille des défunts Simon et Marie BACQUEMONT.

Emile Julien BERTHÉLEMY, fusilier au 73e de ligne, en garnison à Verdun, âgé de 26 ans et demi, célibataire, domicilié et né à Louppy-le-Petit, Hauts-de-Chée (Meuse), fils de Jean François, et de défunte Agathe Marie ENARD, est décédé à Verdun, le 26 août 1864.

Jean François BERTHÉLEMY, manœuvre, âgé de 64 ans, né à Louppy-le-Petit, fils des défunts Jean Baptiste et Jeanne COLLARD, décédés à Louppy-le-Petit, veuf de Marie Agathe ENARD, décédée à Louppy-le-Petit, est décédé à Louppy-le-Petit, le 31 août 1867. Jean Nicolas BERTHÉLEMY, géomètre, âgé de 70 ans, domicilié à Louppy-le-Petit, frère du défunt, et Jean Louis Maximilien BERTHÉLEMY, charron, âgé de 28 ans, domicilié à Contrisson (Meuse), fils du défunt, déclarent le décès.

Jean Baptiste BERTHÉLEMY, ancien meunier, né à Fleury-sur-Aire, commune de Nubécourt (Meuse), fils des défunts Didier et Lucie HEULY, époux de Jeanne COLLARD, est décédé à Louppy-le-Petit, le 19 février 1835. Jean Nicolas BERTHÉLEMY, âgé de 37 ans, géomètre, et Jean François BERTHÉLEMY, âgé de 31 ans, meunier, domiciliés à Louppy-le-Petit, fils du défunt, déclarent le décès.

Support : BNF Gallica, AD de la Meuse, Geneanet, Géoportail

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