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menuisierCe n'est qu'à partir de 1382 qu'apparut le mot menuisier pour les désigner. Séparés des charpentiers pour former un métier distinct, ils se nommèrent charpentiers de la petite cognée ou huissiers parce qu'ils fabriquaient des huis ou portes.
Les menuisiers ont une bonne image, les sobriquets dont on les affuble ne sont pas d'une nature injurieuse, sont plutôt du style "pot de colle" qui leur est donné à Genève par exemple.
Et s'ils figurent dans une chanson, c'est plutôt en leur faveur, comme dans celle-ci issue du folklore de la Haute-Bretagne :
Quand ces beaux menuisiers s'en iront d'Moncontour
Les filles de Moncontour seront sur les remparts,
Toujours en regrettant ces menuisiers charmants
Qui leur ont tant donné de divertissements,
Su l'air de tire-moi le pied,
Sur l'air de lâche-moi le bras,
Sur l'air du traderidera,
Tra la la.

Dans l'association des menuisiers de Salomon, dits compagnons du Devoir de liberté ou Gavots, il y avait trois ordres distincts, savoir : compagnons reçus ; compagnons frères ; compagnons initiés.
Les gavots avaient la petite canne et se paraient de rubans bleus et blancs, qu'ils attachaient à la boutonnière de l'habit, et qu'ils faisaient flotter du côté gauche.
Dans les assemblées générales des gavots, le tutoiement était interdit d'une façon absolue et chacun devait y donner l'exemple de la propreté et de la tenue. Ils portaient des surnoms fort évocatifs : Languedoc la Prudence, Rouennais l'Ami des Arts, Bordelais la Rose ...
Le compagnon récemment reçu n'entrait dans la jouissance de tous ses droits qu'après un court noviciat, pendant lequel il portait le titre de pigeonneau.
Vers 1830 les gavots se divisèrent en deux : les vieux et les jeunes ; ces derniers l'emportant en nombre et force, qualifiant leurs aînés de damas ou d'épiciers, eux-mêmes les surnommant révoltés ou renégats.
On dit des menuisiers à cette époque qu'ils sont travailleurs et ne fêtent pas Saint-Lundi. Dans l'image d'Épinal qui représente les divers ouvriers qui observent ce culte, le menuisier appelé, par jeu de mots Bois sec (boit sec), s'exprimer ainsi :
Je suis trés sobre par nature,
Mais dans l'état de menuisier,
Si je bois trop, je vous l'assure,
C'est que d'un bois rude et grossier
La sciure tient au gosier :
Ma femme, parfois singulière,
Ne veut pas goûter ma raison.
Pour fuir son humeur tracassière,
Je quitte à l'instant la maison.

Dans le Vivarais, les menuisiers seuls ont le don de couper la rostoulo, enflure des pieds ou des bras. Ils font placer le membre malade sur leur établi, puis ils coupent d'un coup de hache deux ceps de vigne posé en croix dessus, en prononçant ces parols caractéristiques : Dé qué coupe ieou ? - La rastoulo ey noum de Dieoù. Qu'est ce que je coupe, moi ? - La rastoule au nome de Dieu.
A Genève, le 1er avril, on charge les apprentis menuisiers ou charpentiers d'aller chercher une varlope à remplir le bois, une mèche à percer les trous carrés, la lime pour affûter le rabot à dents, l'échenaillon à placage, l'équerre double, etc.
Les menuisiers ont Sainte-Anne pour patronne. C'est alors qu'ils se séparaient des charpentier qu'une délégation fut envoyée au Paradis demander à Saint-Pierre un patron. Ce dernier leur ferma la porte au nez en leur disant qu'ils étaient cinq ânes. Fort embêtés, les délégués ne savaient que rapporter à leurs compagnons, jusqu'au moment où l'un d'eux suggéra qu'ils avaient mal entendu et que Saint-Pierre leur avait dit "Sainte-Anne" !
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