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gimelEn cette période d'activité touristique intense, et pour ceux qui préfèrent la fraîcheur de nos sous-bois à la chaleur brûlante de nos plages, je vous livre ci-après la description d'une bourgade corrézienne dont les cascades ont fait la célébrité.
Lieu de vie d'une partie de mes ancêtres, la région fourmille d'endroits pittoresques à découvrir.

Le texte est tiré de l'ouvrage "La Corrèze pittoresque", guide touristique, édité en 1907 par la Section Corrézienne de Géographie Commerciale, disponible à la Bibliothèque numérique du Limousin.

GIMEL
Départ de la gare de Brive (ligne de Clermont) à 4h.21, 8h.15 du matin ou à 1h.
Arrivée à Gimel à 6h.47 ou 9h.37 du matin et 2h.17.
Départ de la gare de Gimel à 5h.10 ou 10h.24 du soir.
Arrivée à Brive à 6h.15 ou 11h.31 du soir.
Route automobile. Pavillon des Eaux-Vives, restaurant dressé en face de la grande cascade. Auto-garage.

Gimel est aujourd'hui un modeste bourg situé à 13 kilomètres de Tulle ; c'était là que se trouvait, au XVIème siècle, la résidence des seigneurs de ce nom, barons fameux dans le Limousin. C'est un des petits endroits de la Corrèze les plus curieux et les plus visités. Une route sinueuse, d'un parcours de 1600 mètres au plus, relie la station au village. A l'arrivée par cette route l'aspect de Gimel est tout à fait impressionnant. Le bourg se montre tout â coup à un tournant de la route, avec ses vieilles masures, aux toits de chaume, échafaudées les unes sur les autres, blotti dans les feuilles et couronné par les ruines d'un vieux château. Tout autour, une gorge profonde et sévère couverte de châtaigniers. C'est la que s'engouffre, sous l'arche unique d'un pont tout enguirlandé de lierre, un torrent, la Montane ou GimelJe, qui en quatre chutes différentes
et presque superposées s'abat d'Une hauteur de cent quarante-trois mètres, dans un gigantesque abîme entre les noires parois d'un rocher. La première s'appelle le "Saut" : en deux bonds elle tombe de 42 mètres de haut en tourbillonnant avec fracas et s'éparpillant en une épaisse vapeur qui s'irise aux rayons du soleil. Cette première cascade est la plus importante ; la deuxième est appelée la "Redolle" du nom patois qui signifie "rouler" : elle jaillit moins, en effet, qu'elle ne roule ou se laisse glisser en écume blanche ; sa chute est de 25 mètres. La troisième porte la dénomination de "Queue de cheval" dont elle reproduit exactement la forme.
La quatrième, située un peu plus bas a quelques centaines de mètres, est désignée sous le nom de "Gourg" ; il n'est pas possible de s'en approcher. Elle s'engage dans une gorge effrayante toute hérissée de rochers et d'un pittoresque indescriptible ; aussi cette gorge a-t-elle été désignée dans l'idiome du pays sous le nom très significatif de l'"Interno", l'enfer, lieu terrible et pierreux qui invoque a chaque instant des fantômes.
Ces cascades de Gimel sont aujourd'hui très faciles a visiter, grâce aux intelligents travaux d'aménagement exécutés par leur nouveau propriétaire M. Gaston Vuillier, l'artiste si connu et si sympathique des lecteurs du "Tour du Monde" et de bien d'autres revues. Pour l'agrément et pour la commodité des touristes M. Vuill ier a organisé dans son enclos, en face même de la première cascade, un petit mais élégant hôtel-restaurant en forme de châlet où se trouve tout le confortable désirable. Il est isolé sur un roc au milieu d'un site grandiose. Le déjeuner est de 2 fr. 50, le dîner de 3 fr. On peut y coucher, et si l'on désire y séjourner le prix de la pension est de 5 fr. 50 par jour pour 8 jours et de 4 fr. 50 seulement si l'on y reste plus longtemps. Nous recommandons tout spécialement ce restaurant aux excursionistes. Tout en prenant leurs repas, ils jouiront du spectacle qu'offre la cascade et contempleront l'immensité du pays qui les environne.
Pour se rendre aux cascades, le visiteur, après avoir traversé le village dans toute sa longueur, passera devant l'église, continuera sa route en droite ligne, et, après avoir quitté les dernières maisons qui semblent affaissées sous leurs lourdes toitures dans un défilé aux parois sauvages, arrivera sur le pont qui franchit le torrent. Là, quelques mètres plus loin et sur la droite il apercevra une petite porte qui donne accès aux cascades et au restaurant dont nous avons parlé.
Ne pas manquer, après avoir déjeuné, de demander à visiter au presbytère, situé non loin de l'église, de curieux reliquaires, parmi lesquels se trouvent une superbe châsse en émail de Limoges, remarquable par sa conservation et l'éclat de ses émaux, et le chef en argent de saint Dumine. On devra aussi, si l'on a le temps, se faire conduire à l'hermitage de Saint-Etienne de Braguse, situé sur un promontoire au milieu de la gorge de l'"lnferno", où sont conservés encore les restes d'une vieille église du XIIe siècle, dont les panaches de lierre n'ombragent plus que des tombeaux. C'est là qu'un guerrier de la suite de Clovis, Dumine, se retira pour y vivre en ermite, et y éleva un oratoire dédié à la Vierge et à Saint-Etienne. Aucun endroit ne pouvait être mieux choisi pour se livrer au recueillement, au milieu d'une nature tout à la fois sauvage, grandiose et impressionnante.
Signalons aussi le plateau pittoresque de Saint-Priest, qui domine Gimel. Tout à côté, on rencontre l'étang de Ruflaud, où un grand nombre d'artistes sont venus pendant des années pour y puiser le motif de plusieurs de leurs tableaux.
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