Alain Soirat généalogiste    
Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn
mnt rodilhan 001Parmi les Morts pour la France de la Première Guerre Mondiale, plusieurs Rodilhanais ont des parcours que l'on peut reconstituer grâce aux nombreuses archives dorénavant mises à notre disposition, en ligne pour la plupart.
Etienne Guillaume Léon PASCAL aura été un rodilhanais pour un court temps.
Né le 7 août 1879 à Saint-Aunès, dans l'Hérault, il est le fils d'Henri et de Marie GAMBUS. Henri, facteur au chemin de fer, ne se trouvait que provisoirement dans la région, à cause de son métier ; il était originaire de Beaucaire et Marie, de Bellegarde. Etienne Guillaume Léon naîtra sous la bienveillance du chemin de fer, ayant pour témoins présents à sa naissance un chef de gare et un homme d'équipe.

Lors de son incription sur les registres matricules, en 1899, Etienne Guillaume Léon habitait Nîmes, comme ses parents, où il était boulanger.
De petite taille, son signalement le décrit "Cheveux et sourcils noirs, yeux châtains, front ordinaire, nez fort, bouche grande, menton rond et visage ovale", possédant une bonne instruction primaire. Il sera incorporé le 15 novembre 1900 au 6ème bataillon de chasseurs à pied, envoyé en congé le 19 septembre 1903, et passé dans la réserve le 1er novembre 1903.
Etienne Guillaume Léon habitera successivement Rodilhan et Nîmes en 1912, ses parents resteront à Rodilhan.
Appelé à la mobilisation par le décret du 2 août 1914, il arrivera au 6ème bataillon de chasseurs à pied le 4 août 1914 et sera déclaré décédé le 21 novembre 1914 à Dickbusch, jour de sa disparition, par jugement du tribunal civil de Nîmes du 18 février 1920.

Le journal des marches du 6ème bataillon décrit ainsi les journées jusqu'au 21 novembre :

18 novembre
Dans la journée et conformément aux ordres reçus, le bataillon a dessiné 3 attaques à 5h, 11h et 14h, contre le bois 40 dans le but de fixer l'ennemi.
Ces attaques ont été conduites par le feu des éléments de demi section cherchant à progresser vers le bois. Les allemands ont aussitôt garni fortement leurs tranchées. Malheureusement pendant ces attaques, une de nos batteries d'artillerie placée à l'ouest de la route de Voormezeele au bois 40 a tiré d'écharpe dans le terrain compris entre le bois du confluent et le bois 40 nous causant des pertes. Vers une heure, une vive fusillade a eu lieu entre les tranchées adverses. Elle dure trois quarts d'heure. Elle semble avoir été ouverte par les allemands. Ceux-ci ont poussé des hourrahs dans leurs tranchées mais n'ont abordé aucune des nôtres.
19 novembre
La journée se passe calme ; des grouillements d'ennemis sont aperçus vers la lisière NE du bois 40 et sur le terrain en arrière. L'artillerie a tiré dessus.
Nuit sans incident
20 novembre
Le bataillon occupe les mêmes positions. La température est très froide ; des cas de congélation des pieds se produisent.
Le front est calme sauf le tir lent des tranchées allemandes
La nuit se passe très calme.
21 novembre
Journée calme
Vers 12h30 deux batteries allemandes de 77 bombardent par intervalles les deux compagnies de droite tantôt fusant, tantôt percutant. Pertes : 2 blessés
Le bataillon est relevé à 24h par le 163e et va cantonner à Dickbusch.

On peut trouver sur le site du chtimiste :
"Le 12 novembre, le 6ème est embarqué en chemin de fer à Mussey et dirigé sur la Belgique. Le 13, il débarque à Stenneverke et le 14, il monte en lignes au bois du Confluent (1 kilomètre au sud de Voormezeele).
Le 15 novembre, à 16 heures, une forte attaque allemande, partie du bois Quarante, oblige les unités voisines du bataillon à évacuer leurs tranchées ; les 1ère et 2ème compagnies du 6ème contre-attaquent immédiatement et arrêtent net la progression de l’ennemi.
Le bataillon, dans des conditions très dures, sans le moindre abri, sous le bombardement et la pluie, dans des tranchées impossibles à préserver de l’inondation, renforce cependant la défense par la création de nouvelles lignes bien organisées et couvertes de solides réseaux de fils de fer.
Les pieds constamment dans l’eau, les chasseurs ont beaucoup à souffrir des rigueurs de la température ; les évacuations pour pieds gelés sont nombreuses, cependant le moral reste toujours excellent.
Le 18, des éléments du 6ème exécutent une opération de détail sur le bois Quarante (1500 mètres au sud de Voormezeele).
Dans la soirée, l’ennemi tente une attaque; cloué sur place par la fusillade, il ne réussit même pas à aborder notre ligne."

Notes :
Stenneverke : sans doute Steenwerck, dans le Nord (59181)
Voormezeele : Voormezele, au sud d'Ypres, en Belgique
Dickbusch : Dikkebus, au sud ouest d'Ypres, ouest de Voormezeele
logo geneanaute
Portail généalogique
info passion logo-240px
info soirat-240px
info pasarea-240px