Alain Soirat généalogiste    
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bete gevaudanLe bulletin de la société archéologique du Limousin de 1882 signale une lettre, datée du 27 octobre 1764, écrite depuis Marvéjols par le sieur Rochevalier, médecin, sollicitant le secours des consuls de Limoges. Rochevalier ayant eu connaissance d'une bête, semblable à celle qui ravage le Gévaudan, ayant tué maintes personnes en Limousin :

"De Marvéjols, le 24e octobre 1764.
Messieurs,
J'eus l'honneur de vous ecrire hier par comodité ; mais comme les muletiers ne sont point exats, et qu'il s'agit d'un cas tres grave et tres pressant, nous attendons de votre charité que vous ne desaprouverés point que je revienne a la charge par la poste, qui est une voix sure.
Il est vraysemblable ques vous etes informés d'un malheur qui nous accable. Depuis quelques temps, il s'est introduit dans nos cantons une bete feroce qui a eludé tous les soins qu'on a pris jusqu'icy pour la detruire et qui a deja devoré quinze à dix-huit personnes. Vous sentés que ces malheurs ont porté l'épouvante et la terreur partout. Les operations de la campagne en sont entierement troublées dans un temps où il seroit necessaire de les depecher. On n'ose plus meme marcher quen compagnie et bien armé, ce qui trouble tout espece de comerce.
Il m'est tombé par hasard en main le catechisme d'un Bon Missionnaire, qui, en s'acquittant de son ministere dans votre voysinage, en mille six cens quatre-vint dix et neuf, fait à ses auditeurs l'histoire d'un pareil malheur ou vous etiés alors exposés. Il depeint la bete feroce, et rend un compte exat de ses procedés et finit par dire qu'on a mis mille hommes a sa poursuite et par faire des voeux pour le succes de cette entreprise. Notre bette feroce resemble tres exactement a la votre et ses procedés sont parfaitement les memes. Comme cet evenement n'est pas fort eloigné, nous ne doutons pas qu'on ne se souvienne a Limoges de la façon dont on se delivra de ce terrible fleau, et nous vous suplons, Messieurs, avec la plus vive instance, de nous en informer, pour que nous puissions metre en oeuvre les memes moyens, touts ceux que nous avons pris jusqu'icy ayant eté inutiles. Je suis persuadé, Messieurs, que sans repéter nos sollicitations pour une prompte reponce, votre charité vous portera à ne pas nous la faire attendre.
J'ay l'honneur d'etre avec beaucoup de respect,
Messieurs,
Votre tres humble et tres obéisant serviteur,
ROCHEVALIER,
Medecin à Marvejols, en Gevaudan."

M. Louis GUIBERT, l'auteur de l'article dans la revue, précise qu'l n'a pas été possible de retrouver le "catéchisme du Bon Missionnaire".

La société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse relate dans un article paru en 1903 des faits arrivés au XVIIe et XVIIIe :
Les registres paroissiaux de Saint-Fiel notent qu'en 1712, "il a couru dans le pays quelques lougaroux, qui ont mangé plusieurs enfants : ce qui est arrivé en 1610, et enfin la même chose arriva en 1668". La cure de Saint-Fiel, par S.DARDY.
Le rédacteur de ce curieux memento ajoute qu'on a pourchassé les terribles animaux, mais sans pouvoir leur donner la mort : "ce qui fait croire, ajoute-t-il naïvement, que c'est des sorciers".
A la même catégorie ont appartenu sans doute la bête féroce, innommée, qui, en 1619, dévora plusieurs personnes en Limousin, et celle qui, en 1698, aurait fait périr une centaine d'hommes, femmes ou enfants au témoignage des registres de la paroisse de Saint-Vaury : la même, il faut le croire, qui, d'après une note du curé de Vallières, aurait en 1699 mis à mort une douzaine de pauvres petits et blessé plusieurs adultes. Cet animal signalé dans les registres de Saint-Vaury et de Vallières est vraisemblablement celui auquel fait allusion la lettre du médecin Rochevalier.
Le fonds constitué aux archives de la Haute-Vienne, par les précieuses copies d'Auguste Bosvieux, contient plusieurs mentions de ce genre.

Le curé de Saint-Vaury évoque ces évènements à la fin de son registre de 1698. Toutes les paroisses voisines, dans un rayon de cinq lieues sont touchées, les gens pensent que ce sont des sorciers parce qu'on arrive à les tirer, à les blesser, mais jamais à les tuer. Les plus censés remarquent toutefois que ces bêtes sont différentes des loups, avec de grosses queues, des pattes larges, de grands ongles, des oreilles plus courtes ; ils pensent à la panthère.
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