Alain Soirat généalogiste    
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blason didalemL'origine des armoiries est trés ancienne. On s'était fait des armes offensives, et des armes défensives.
Les armes défensives étaient des boucliers qu'on opposait du bras gauche pour parer les coups portés par l'ennemi ; ces boucliers étaient d'un cuir bien apprêté, couverts de lames de fer ou d'airain, pour résister aux sabres, aux masses, et à d'autres instruments de guerre.
L'usage de ces boucliers devint si fréquent par son utilité, qu'il n'y eut pas un homme qui fit profession des armes, qui n'eût son bouclier. Il vint un temps où, pour se faire distinguer dans la mêlée, on peignit sur son bouclier quelques figures de fantaisie, sans y rien déterminer pour les couleurs, sans conséquence pour la postérité, ni pour les successions dans les familles. Il fut libre à chacun de prendre telle figure qu'il voulait, jusqu'au onzième siècle, que l'empereur Frédéric Barberousse établit des règles, dont l'exécution fut confiée à des hérauts, juges en cette partie. Alors les figures peintes sur les boucliers, passeront à la postérité ; mais ce qui acheva de donner au Blason la forme d'un art, ce fut le voyage que le roi de France Louis VII, dit le Jeune, fit en 1147 pour recouvrer les saints lieux.
Ce pieux roi se croisa avec plusieurs monarques chrétiens de différentes antions, qui prirent tous la croix de formes et de couleurs différentes. Il se fit de si belles actions dans cette guerre, que les descendants de ceux qui s'y signalèrent, songèrent à en perpétuer la mémoire ; et ce fut ainsi que s'introduisit la succession des armoiries dans les familles.
C'est à l'empereur Frédéric Barberousse qu'on doit les règles de l'Art héraldique, ou de la science du Blason ; elles naquirent au milieu des tournois qu'il inventa en 1150 et 60, pour exercer la noblesse en temps de paix, afin de la tenir toujours prête à combattre, lorsqu'il en serait besoin.
On n'admit à ces jeux militaires, et l'on régla les pièces qu'elles devaient porter sur leurs boucliers, afin que l'on reconnût plus facilement leur noblesse. Une cérémonie suivait l'admission au tournoi ; on était conduit au son des fanfares et des trompettes, en un lieu destiné pour poser et attacher le bouclier : ce lieu était ordinairement le château d'un grand seigneur, ou le cloître de quelque célèbre abbaye.
On appelait cette exposition faire fenêtre ; et les boucliers ou écussons de tous les chevaliers reçus pour le tournoi, tant en assaillant qu'en défendant, étaient exposés, afin qu'il fut permis à chacun de les aller reconnaître, et de faire des plaintes contre ceux à qui ils appartenaient, s'il y en avait à faire. Si la plainte était grave, il fallait y satisfaire ou être exclu du tournoi.
Ces fanfares et ces sons de trompettes, qui délaraient la noblesse du gentilhomme, donnérent en même temps à l'Art héraldique le nom de Blason.
Un gentilhomme qui s'était trouvé plusieurs fois à des tournois, pouvait l'indiquer par deux ou plusieurs cornets qu'il mettait en cimier sur son heaume ; et lorsqu'il se présentait à un autre tournoi, il ne lui fallait pas d'autres preuves de noblesse pour y être reçu ; l'usage en subsiste encore dans les maisons de Bavières, d'Erpach, et quantités d'autres familles Allemandes.
Blason signifie en allemand sonner ou publier, d'où l'on a fait le mot Blason.
Celui d'armoiries vient des boucliers sui, portés par les gens de guerre, leur servaient d'armes défensives.
Et l'on a dit l'Art héraldique, parce que cet art était l'étude des hérauts qui anciennement se trouvaient à l'entrée de la barrière du tournoi, et y tenaient registre des noms et des armes des chevaliers qui se présentaient pour entrer dans la lice. Ce sont eux aussi qui au commencement de l'établissement des armoiries, en nommèrent, composèrent et réglèrent les pièces ; et dans la suite, lorsque les souverains récompensèrent du titre de noble les belles actions de quelques uns de leurs sujets, ils laissèrent à ces hérauts le soin d'ordonner les pièces des écussons des nouveaux ennoblis.
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