Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn
eglise bouillargues 1Comme nombre de bâtiments, les églises sont sujettes à des dégradations et de l'érosion, celle de Bouillargues n'échappe pas à la règle, et ses lézardes inquiètent les autorités qui mandatent un architecte pour en faire un rapport. Trois ans plus tard, le problème demeure, mais un autre rapport est formé...

L'an mil huit cent quatre vingt quatre et le 6 février, nous soussigné Charles Méry architecte, à Nîmes, nous nous sommes rendu à Bouillargues, sur l'invitation de la Municipalité, à l'effet de constater les dégradations de l'église paroissiale.
Il résulte de l'examen attentif de l'édifice dont la construction remonte à 1844 sous la direction de M. Bourdon architecte du département du Gard.
Que le porche et la façade bien qu'ayant été construits en même temps que la nef (qui est du reste en bon état) sembleraient indiquer une construction plus récente, tellement cette partie de l'édifice est séparée de la dernière travée de la nef.
Les voûtes qui forment les planchers de la tribune et du clocher ne sont pas suffisamment liées à la nef et tendent toujours à s'en séparer. Le jour s'y voit à travers.
La façade en pierre de taille qui n'est qu'un plaquage à moitié épaisseur du mur est insuffisante pour supporter énorme et en saillie sur le fronton.
D'un autre côté l'appareil laisse à désirer, en ce sens qu'aucune pierre de la façade qui forme parement n'est nullement liée avec la maçonnerie de moëllons ne formant du reste qu'une épaisseur totale de 0,50.
La grande rosace qui est au dessus du porche, est isolé par son appareil, avec les autres assises de la façade avec lesquelles on aurait dû la lier ; il en est de même pour les arcatures formant le couronnement.
Nous avons déjà dit que la façade était insuffisante tant par son épaisseur totale que par le vice de construction de n'avoir mis aucun bloc de liaison, et qu'i suffit d'examiner le plan que nous joignons à notre rapport pour se convaincre que la pression du clocher s'exerçant sur les arcs qui semblent former décharge, ouvre la façade en deux parties égales.
Déjà en 1869 on s'était aperçu du mouvement et on dut à cette époque fermer les lézardes, ordonner l'enlèvement de la cloche qui était sur le devant du clocher, pour la mettre à l'intérieur sur un beffroi. Malheureusement les lézardes se sont rouvertes et quand on sonne la cloche à toute volée l'édifice subit un ébranlement tel qu'il semble qu'il va s'écrouler.
En l'état, la façade lézardée en plusieurs endroit indique bien que le mouvement qui se produit des deux côtés uniformément, cache encore le danger réel de cette partie de l'édifice.
En effet à l'intérieur de la tribune, c'est à dire derrière la rosace qui est au-dessus du porche, le plaquage en maçonnerie est lézardé en plusieurs endroits qui correspondent à celles de la façade. Ces lézardes ont 2m50 de haut sur 3 à 4 centimètres de large et 0,25 de profondeur, c'est à dire jusqu'au parement de la pierre de taille.
Les murs qui renferment l'escalier de la tribune sont également lézardés et les marches de l'escalier sont brisées verticalement ; plusieurs ont des lézardes variant de 1 à 5 millimètres et paraissent récentes, ce qui semblerait indiquer que le mouvement ne fait que continuer.
En résumé nous disons :
1- Qu'il y a urgence à mettre des étais des deux côtés de la façade pour éviter que la poussée ne fasse partir les angles.
2- Que la sonnerie à toute volée de la cloche soit interdite pour ne pas faciliter l'ébranlement et occasionner un malheur public.
Fait à Nîmes le 8 février 1884
eglise bouillargues 2
Rapport sur la nécessité de l'agrandissement de l'église de Bouillargues et sur celle de la reconstruction de son clocher.
Le projet d'agrandissement de l'église de Bouillargues et la reconstruction de son clocher demandé par la commune est basé sur la mauvais état de cet édifice et sur l'insuffisance de certaines de ses parties livrées au culte.
Par un rapport demandé à l'architecte diocésain par l'administration supérieure du Gard et par le conseil municipal de Bouillargues, dressé à la date du 4 mars dernier, un constat a été fait sur les mouvements et les désordres qui s'étaient produits au clocher et au mur de la façade principale de l'église. L'état de délabrement de certaines de ces parties était tel que la sécurité publique étant compromise, la démolition de la flèche qui surplombait fut ordonnée ; on procéda également, d'après les ordres qui furent donnés par l'architecte diocésain à l'étaiement de la façade dont l'état, moins alarmant peut-être, réclamait un prompt secours.
La reconstruction était nécessité par l'impossibilité d'entreprendre une restauration quelconque en présence des désordres graves provenant des vices de construction auxquels il était aussi onéreux que difficile de remédier. D'autre part, les étais qui soutiennent actuellement cette façade, tout à fait provisoires, sont pour l'administration municipale, l'objet d'une préoccupation constante malgré une vérification d'une surveillance sérieuse en présence de la violence des vents de nos régions méridionales ; il ne faudrait pas prolonger ce provisoire en présence du danger qui pourrait survenir. L'administration locale a donc profité de l'obligation qui s'impose de reconstruire cette façade et son clocher pour avancer ce frontispice et agrandir ainsi l'église de deux chapelles. L'une sera destinées aux fonts baptismaux, l'autre servira de dépôt de chaises ; ces deux chapelles ainsi construites, à droite et à gauche des murs du clocher ne constituent pas une grande dépense ainsi que l'indique le devis. Ces deux chapelles complèteraient cette église en assurant tous les services du culte et des issues faciles pour la sortie des fidèles les jours de grandes fêtes.
Quant au clocher dont la démolition était un cas de force majeure à cause de la dislocation complète de ses appareils et qui compromettait la sécurité publique ainsi que le prouve le rapport dressé par l'architecte diocésain, il est urgent de le reconstruire, pour complèter cet édifice d'abord et placer dans un beffroi les cloches destinées à réunir les fidèles.
Telles sont les raisons qui ont motivé le projet de reconstruction du clocher et d'agrandissement de l'église que la commune de Bouillargues a demandé à l'architecte soussigné.
Nîmes le 25 octobre 1887
info passion logo-240px
info soirat-240px
info pasarea-240px
Aller au haut