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noel 001En ce jour de Noël, quelques us, coutumes, mythes et traditions de nos provinces, relatifs à cette fête :

LA CALÈNE ou CALENOS.
C'est une réunion de famille qui a lieu aux fêtes de Noël, et particulièrement, la veille de cette grande solennité. Tous les parents se réunissent chez le plus âgé pour assister à un repas, qui consiste en un splendide dessert, où les fruits secs, les gâteaux, le nougat et le vin cuit sont servis avec la plus grande abondance. On se fait des cadeaux de comestibles à cette époque, et l'on vient de très loin pour faire partie de la réunion. A la campagne, on accomplit, ce soir-là, une cérémonie touchante. Le doyen dela famille prend par la main le plus jeune enfant, et le conduit à la porte de la maison, où on a eu le soin de déposer une grosse bûche d'olivier ou d'arbre fruitier, laquelle porte le nom de calignaou. L'enfant fait trois libations sur cette bûche, avec du vin, et prononce les paroles suivantes:
Aleyre, Diou nous aleyre
Cachofué ven, tout ben ven ;
Diou nous fagué la graci de veïre l'an que ven,
Se sian pas maï que siguen pas men.
Ce qui veut dire:
Soyons joyeux, Dieu nous rend joyeux
Le feu caché vient, tout bien vient ;
Dieu nous fasse la grâce de voir l'an qui vient;
Si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.
Le verre dont l'enfant s'est servi passe alors à la ronde : puis cet enfant soulève une extrémité de la bûche pendant que le vieillard la saisit par l'autre bout, et on la place sur le foyer. Toutefois, on a le soin de l'éteindre avant d'aller se coucher afin de la conserver jusqu'au jour de l'an. On lui attribue la vertu de ne point brûler le linge et, à Marseille, il était autrefois d'usage d'en placer trois charbons ardents sur la nappe.
Dans cette dernière ville, ainsi qu'à Aix et quelques autres endroits, on remplace par une lampe le calignaou. On place cette lampe dans une crèche, entre deux soucoupes garnies de blé de sainte Barbe, et elle n'est consumée que la veille du jour de l'an. On emploie pour ce placement la même· Cérémonie que pour la bûche ; mais l'usage de la lampe ne dispense pas de mettre une grosse bûche au feu.
Lorsqu'on a mis la table des calenos, le même enfant qui a béni la bûche bénit aussi cette table.
Le jour même de Noël ; la famille se réunit une seconde fois en banquet, et la dinde est un mets obligé dont la fondation remonte, dit-on, au roi René.
Cette fête de la Calène, vraiment patriarcale, a surtout ce remarquable avantage; c'est qu'elle fait ordinairement cesser les "brouilles qui ont pu avoir lieu pendant l'année entre" parents, et si l'un des brouillés résistait à un raccommodement il aurait contre lui tous les membres de la réunion.
Dans quelques communes, pendant la messe de minuit, des enfants parcourent les rues en secouant des brandons de lavande auxquels ils ont mis le feu. Dans d'autres lieux,au moment de l'offrande, on voit arriver au son du tambourin, un corps de bergers qui portent de grandes corbeilles ; remplies de fruits et de gâteaux, et qui ont à leur suite un petit char décoré de verdure et trainé par une brebis dont la toison est ornée de rubans ; d'autres bergers, mêlés à des bergères, marchent derrière ce char et chantent des Noëls.
A Mirabeau, le jour de la seconde fête de Noël et après la grand'messe, les jeunes gens, qui s'étaient rendus à l'église au son du tambourin présentaient un roitelet vivant au curé, et celui-ci leur donnait une somme de 3 livres tournois.

Il ne faut filer ni chanvre ni coton durant la semaine de Noël, parce que cela porte malheur.

Dans la commune d'Escoussens, on croit que le jour de Noël ; à la messe de minuit, la dernière femme qui vient à l'offrande est celle qui aura la première des petits poulets.

La souche de Noël joue dans le Périgord un grand rôle à la fête du solstice d'hiver· L'habitant de la campagne croit qu'elle doit être principalement de prunier, de cerisier ou de chêne, et que plus elle est grosse mieux elle vaut. Si elle brûle bien c'est d'un bon augure, le ciel la bénit. Les charbons et les cendres, qu'on recueille avec grand soin, sont excellents pour guérir les glandes et gorgées ; la partie du tronc que le feu n'a pas consumée sert aux bouviers pour faire le técoin ou cale de leurs charrues, parce qu'ils prétendent que cela fait mieux réussir leurs semences ; et les femmes en conservent quelques morceaux jusqu'au jour des Rois, pour la prospérité des poulets. Cependant, si l'on s'assied sur cette souche, on devient sujet aux furoncles ; et, pour s'en guérir, il faut alors passer neuf fois sous une tige de ronce que le hasard aura plantée par les deux bouts. Les charbons guérissent les moutons d'un mal que l'on nomme le goumon ; et les cendres, pliées avec soin dans un linge blanc, préservent tout le ménage d'accidents fâcheux. Quelques personnes pensent aussi qu'elles auront des poulets, autant qu'il sort d'étincelles des tisons de cette souche en les secouant, et d'autres les placent, éteints, sous le lit, pour chasser les insectes malfaisants.

Dans la Vienne, la veille de Noël, après le souper,le maître de la maison se fait apporter une grosse bûche, tison de Noël, et, entouré de tous les spectateurs recueillis dans un profond silence, il répand du Sel et de l'eau sur cette bûche. Elle est ensuite mise au feu pour briller pendant les trois fêtes ; mais on a bien soin d'en conserver un morceau pour l'allumer toutes les fois qu'il tonne.

Le feu donné depuis Noël jusqu'au premier jour de l'an, porte malheur à celui qui le donne.

Dans la Creuse, on fait toujours du pain la veille de Noël, et l'on ajoute à la fournée un gâteau fait avec soin. Ce gâteau a, dit-on, des vertus particulières ; on le met en réserve pour s'en servir en cas de maladie des hommes et des bestiaux ; et l'on croit qu'il suffit d'en faire prendre au malade une parcelle pour le guérir radicalement.
En revenant de la messe de minuit, les villageois comme les citadins font réveillon, et ils réveillent aussi les bestiaux pour les faire manger.

Il faut mettre le blé de semaille dans la nappe qui a servi le jour de Noël, ce qui
empêche les oiseaux de le manger.

En Bretagne, on fait jeûner les bestiaux la veille de Noël. Tous les animaux veillent durant cette nuit, excepté l'homme et les crapauds.
 On met aux arbres, le jour de Noël, une ceinture de paille pour les préserver de la gelée. Les Gaulois garnissaient ainsi le pied de leurs arbres fruitiers pour les garantir du froid, usage qui a été rapporté par l'empereur Julien.

A Caen, la veille de Noël, les enfants parcouraient jadis les rues avec des torches allumées, ou des lanternes peintes de diverses couleurs, et criaient: Adieu, Noël ! Noël s'en va !

Dans l'Orne, on nomme Trefouet la bûche de Noël, on répand dessus de l'eau bénite, elle doit durer les trois jours de la fête, et l'on conserve ce qui reste pour le mettre au feu lorsqu'il tonne. Ce tison préserve à la fois du tonnerre et des sorciers.

Un morceau de pain qui a été bénit à chacune des trois fêtes de Noël préserve de l'orage et dos chiens enragés ; mais si l'on donne de ce pain à ceux qui ne le sont pas, ils le deviennent aussitôt.

On nomme Suche, en Bourgogne, la bûche que l'on place au feu la veille de Noël. Pendant qu'elle brûle, le père de famille chante des Noëls avec sa femme et ses enfants, et il engage les plus petits de ceux-ci à aller daus un coin de la chambre, prier Dieu que la souche donne des bonbons, ce qui arrive toujours au moyen des dispositions qu'a faites le papa.

La FÊTE DES FOUS.
Du XIe au XVIe siècle, on la célébrait dans Paris, les jours de Noël, de la Circoncision, des Rois et de Pâques. Les enfants de choeur, les sous-diacres et diacres de Notre Dame étaient les acteurs de cette fête. Le roi des Fous était amené en procession à l'église, et, en sa présence, l'assemblée se disait cent sottises et se battait quelquefois à outrance. On s'amusait à élire un pape, des archevêques et des
évêques, et toutes les extravagances qui se commettaient dans cette étrange réunion, sont détaillées dans une lettre adressée par la Faculté de théologie, en 1444, aux évêques du royaume.
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