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bres madeleineMARIANI, chimiste originaire de Pero-Casevecchie en Corse, fut le célèbre inventeur d'une boisson tonique, "Vin Mariani", à base de vin et de feuilles de coca qui eut un énorme succés en Europe de la seconde motié du 19ème siècle aux années 30.
En parallèle, MARIANI crée une véritable publicité basée sur les bienfaits de sa boisson loués par les plus grandes figures contemporaines du siècle : ce sont les fameux albums MARIANI.
Ces albums présentant une biographie, un portrait et un autographe sur les mérites du vin de MARIANI sont un plaisir à feuilleter en découvrant les images de ces personnages célèbres, leur écriture.

J'ai extrait du tome n°1 la biographie de Madeleine BRÉS, née Magdeleine Alexandrine GEBELIN, le 26 novembre 1842, impasse Massiac à Bouillargues. Madeleine BRÈS est décédée, aveugle et dans une grande pauvreté, à Montrouge, le 30 novembre 1921.

Nous savons tous que les femmes n'ont aucun talent. Il est vrai que Rosa Bonheur fait des tableaux qui sont des chefs-d'oeuvre, que deux ou trois livres de George Sand resteront autant que la langue française, et que l'on chantera certaines mélodies d'Augusta Holmès, quand la plupart des compositeurs mâles que nous applaudissons en cette fin de siècle, seront enlisés dans l'oubli définitif ; mais, malgré ces exemples éloquents, les hommes ne doivent pas admettre que les femmes puissent faire quelque chose de sérieux, dans notre pays de France, qui dut son salut à Jeanne d'Arc.
Les plus galants d'entre nous reconnaissent, à peine, qu'elles sont susceptibles de peindre d'aimables éventails, d'écrire des lettres d'un joli sentiment, ou de jouer agréablement du piano - et encore ? - Mais il nous coûterait trop de leur attribuer les qualités nécessaires à l'accomplissement d'une oeuvre utile et vraiment grande - quoique aux yeux du sage, la confection d'un éventail puisse avoir autant d'importance que la direction d'un Empire.
Madame MADELEINE BRÈS, qui est la doyenne des femmes-docteurs de France, prouve une fois de plus qu'il n'est pas besoin d'être un homme pour remplir, avec éclat, les carrières qui semblent exiger le plus de virilité.
En 1866, M. le professeur A. Wurtz, doyen de la Faculté de Médecine, vit arriver dans son laboratoire une jeune femme qui lui tint à peu près ce langage :
- Je désire me consacrer à soigner les femmes et les enfants ; je viens, M. le Doyen, vous prier de vouloir bien me donner une inscription pour obtenir le diplôme de docteur.
Mouvement d'étonnement de l'illustre professeur.
- Etes-vous bachelier ?
- Non, M. le Doyen, mais je le serai.
- De quel pays êtes-vous ?
- Du Midi.
- Je m'en doutais.
- Eh bien, jeune femme, votre audacieuse entreprise m'intéresse ; travaillez avec courage, et lorsque vous serez bachelier, revenez me voir, je serai heureux de vous donner votre première inscription.
album mariani 1894-tome1-40Mention de Mme BRÈS dans l'album MARIANI

Trois ans apres cette entrevue, Madame MADELEINE BRÈS revint aupres du Doyen, munie du baccalauréat, et dix ans plus tard, elle soutenait sa thèse de doctorat ; De la Mamelle et de l'Allaitement, préparée dans le laboratoire de M. le professeur Wurtz.
L'illustre chimiste, encore doyen de la Faculté, tint à honneur de la présider, et, pour bien indiquer le travail et le courage de la jeune femme, dans un langage simple et élevé, il rappela à l'auditoire les circonstances dans lesquelles il avait reçu la premiere visite de Madame MADELEINE BRÈS.
En I870, sur la proposition de M. le professeur Broca, elle remplit pendant les deux sièges de Paris, les fonctions d'interne à l'Hôpital de la Pitié et actuellement c'est l'un des docteurs les plus en vue de Paris.
Madame MADELEINE BRÈS est la fille d'un charron de Bouillargues, petit village du Gard.
C'est à l'Hôpital de Nimes que naquit sa vocation médicale. Elle accompagnait son pere, appelé frequemment pour des travaux à l'Hôpital ; prise en affection par l'une des religieuses elle suivait, revêtue d'un grand tablier blanc, le service du médecin et donnait aux malades la tisane et le bouillon, tout-à-fait fière lorsqu'on lui confiait le soin de confectionner un cataplasme. Elle avait à cette époque huit ans ! Et déjà elle songeait à consacrer sa vie à la guérison ou au soulagement des malades.
C'étaient les femmes et les enfants qui devaient intéresser surtout cette mère de famille. L'Association Philotechnique la chargea bientôt d'un cours d'Hygiène ; puis, plus tard, la Ville de Paris lui confia le soin de faire, aux directrices des écoles maternelles, des conférences sur l'Hygiène de la première enfance ; plus récemment, le Ministre de l'Intérieur lui donnait la mission d'aller étudier, en Suisse, l'organisation et le fonctionnement des crèches.
Le docteur MADELEINE BRÈS dirige un journal de médecine qui a pour titre : l'Hygiène de la Femme et de l'Enfant ; elle vient de fonder aux Batignolles, grâce au généreux concours de quelques femmes reconnaissantes, une crèche dans laquelle les enfants sont reçus gratuitement et où, une fois par semaine, les jeunes mères pourront écouter des leçons de choses, faites au berceau même de l'enfant, par la fondatrice.
Décidément, quoi qu'en ait dit Molière, les femmes savantes ont quelquefois du bon.

Madame BRÈS (MADELEINE) née à Bouillargues (Gard). Thèse de doctorat sur La Mamelle et l'Allaitement, 1875. Mémoire sur l'Allaitement artificiel et le biberon, 1877. Une note sur l'analyse du lait des femmes Galibis, en exhibition au Jardin d'Acclimatation.
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