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inond-1863Les récentes inondations dans la région de Nîmes ont une nouvelle fois causé d'énormes dégâts et privé de leurs biens de nombreuses personnes mais n'ont heureusement pas causé de morts dans la cité des Antonins. Ce ne fut pas toujours le cas, on se souvient du terrible 3 octobre 1988.
La région est sensible à ce genre de phénomènes climatologiques, sans doute depuis très longtemps. On lit ainsi dans "le Constitutionnel" du 2 novembre 1863, une lettre adressée de Nîmes et relatant la tragédie d'une famille.

"Jeudi, vers cinq heures du soir, les nommés André ROUX père, André Roux fils et Hippolyte MICHAUD, du hameau de Saint-Césaire, cheminaient dans la campagne, lorsque la pluie, redoublant de violence, les décida à se réfugier au mas Sagnier, peu distant de leur demeure.
"Mme SAGNIER, mue par un sentiment d'humanité bien naturel en pareil cas offrit l'hospitalité aux trois voyageurs ; elle insista énergiquement pour les faire souper et coucher à la ferme. Mais ROUX père et ses compagnons déclinèrent obstinément ces offres généreuses et voulurent repartir sans plus attendre. Mme SAGNIER, ne pouvant vaincre leur résistance, mit à leur disposition, pour les transporter à Saint-Césaire, une lourde charrette de travail et le mulet le plus robuste de la ferme. Il fut décidé que le sieur VIGIER, domestique du mas, conduirait l'attelage. Au moment de partir, la nommée Amélie ARIFFON, âgée de vingt ans, également au service de Mme SAGNIER, demanda et obtint l'autorisation d'accompagner les voyageurs pour voir le coup d'oeil que présentait la plaine inondée.
"Lorsque les cinq personnes susdésignées se mirent en route, l'eau couvrait les chemins à une assez grande hauteur et l'obscurité commençait à se faire. Arrivé à 250 mètres de la route impériale de Nîmes à Montpellier qu'il lui fallait pour traverser Saint-Césaire, l'équipage fut assailli et renversé par une forte nappe d'eau transformé en torrent furieux. VIGIER, qui conduisait, se maintint seul sur la charrette. Les autres personnes furent entraînées par le courant.
"En ce moment terrible, ROUX père, ne songeant qu'au salut de son fils, qui avait disparu sous les eaux bouillonnantes, plongea deux ou trois fois pour le saisir, mais ce fut en vain. Épuisé de lassitude, il ne tarda pas à disparaître à son tour. Le sieur Hipp. MICHAUD fut assez heureux pour s'accrocher à un cep de vigne. Quant à la fille Amélie ARIFFON, maintenue à la surface du torrent par sa crinoline, elle flotta longtemps dans cette position dangereuse, et finit enfin par pouvoir s'accrocher, elle aussi, à un arbuste de la rive. Le cinquième acteur de cette scène émouvante, le sieur VIGIER, fut précipité à son tour de la charrette que le torrent culbuta, et les eaux le trainèrent à une assez grande distance. Apercevant un amandier, il fit effort pour l'atteindre et s'y cramponna avec l'énergie du désespoir. Lorsqu'il fut un peu remis de son épouvante, il grimpa sur les branches les plus élevées de l'arbre et appela du secours. Après quatres heures passées dans cette cruelle position, ses cris furent entendus des gens du voisinage qui, avec un dévoûment des plus louables, vinrent en aide aux trois naufragés restés vivants et réussirent à les sauver.
"Quant aux sieurs ROUX père et fils, ils avaient payé de leur vie leur inconcevable témérité. Le cadavre du dernier fut retrouvé le lendemain ; celui de ROUX père a échappé jusqu'ici à toutes les recherches. Ce malheureux laisse une femme et quatre enfants en bas âge."
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