Alain Soirat généalogiste    
Submit to FacebookSubmit to Google PlusSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn
garons signaEn cette date anniversaire, je reprends un article paru dans le "Fil du Vistre", magazine d'informations du Cercle Généalogique de Bouillargues et sa Région  :

La commune de Bouillargues sera créée par décret du 15 mars 1790 grâce à l’union des quatre paroisses : Bouillargues, Caissargues, Garons et Rodilhan. La commission spéciale qui régissait la commune à ce moment là était composée de Bernard PEYRON, de Saint Gilles, maire, de FOURNIER et ROSE de Nîmes, TEISSIER et SOULIER de Générac, SEVENERY de Vauvert, PÉLISSIER de Caveirac, tous protestants auxquels s’ajoutaient Jacques COSTE dit le Capétané, GALOFFRE, RIBIÈRE et MARQUE, tous anciens catholiques reconvertis.
Cette unification, cette manière de régir la commune ne sera jamais complètement admise par l’ensemble des habitants des quatre hameaux. C’est ainsi que le 15 avril 1830 l’érection en commune est demandée par les habitants de Garons  au Préfet du Gard en arguant, entre autres faits que :
«- la population de Garons est de 700 habitants, la superifcie 1500ha (les communes du département sont loin d’avoir de tels chiffres)
- la superficie de Bouillargues est si importante que les deux gardes ne peuvent surveiller correctement et qu’il se commet beaucoup de dégâts et délits
- l’éloignement du centre de la commune fait que les chemins vicinaux de Garons sont entièrement abandonnés et dans un état déplorable. Les communications avec Nîmes sont longtemps interrompus, impraticables
- le curé de Bouillargues ne pouvant pas venir régulièrement, les habitants de Garons paient à leur frais un vicaire venu de Nîmes célébrer les offices du dimanche.»
Telles sont les demandes des signataires parmi lesquels on peut dénombrer : Ravanis, Fontanier (5), Pécheral (2), Comy (2), Dorthe (3), Jeanjean, Bautias (5), Bariol, Defreche, Gastal, Bremond (5), Boyer (2), Auzeby (2), Dijol, Trintignan, Guion (2), Paulhan, Rebuffat, Quet, Gustat, Flory, Eysette, Valles, Laube, Faucher, Routon, Gresseau, Béchard.
Un mois plus tard, le préfet du Gard demande au maire de Bouillargues, Michel CHARLES, délibération de son conseil municipal sur ce sujet. La lettre ne sera jamais suivi d’effet !
C’est en février 1832 que le nouveau préfet du Gard rappelle au nouveau maire de Bouillargues, Jean Pierre LAUBE, la demande des habitants de Garons. Après quelques rappels de la préfecture le conseil municipal finira par se réunir le 6 mai 1832 et délibérer :
«Le conseil (afin d’éclairer la religion de l’autorité à faire connaître et respecter les droits de tous et aussi à venger le conseil municipal des injustes reproches que les pétitionnaires se sont permis de lui adresser) s’est arrêté aux considérations suivantes :
* la population de Garons n’est pas de 833 habitants car au recensement du 25 août 1831 on en comptait 550 (les garonnais auraient comptabilisé des personnes partis depuis longtemps, des individus demeurant dans des métaieries relevant de Bouillargues)
* la charge du curé semble pouvoir être supporté par Garons. Rappel est fait de la construction du presbytère que les pétitionnaires prétendent avoir complètement supporté alors qu’ils n’ont fournis qu’une faible somme (900 francs contre 2400 francs pour Bouillargues), que quelques hommes, charrettes et matériaux.
* signale que l’instituteur de Garons est en une position plus avantageuse, étant seul au milieu de 550 âmes alors qu’à Bouillargues il y a trois maîtres d’écoles ne recevant aucun secours du gouvernement ni même de la commune hormis l’instituteur communal qui a un logement de fonction et touche 120 francs alors que celui de Garons vient de percevoir 200 francs du gouvernement
* ce n’est pas sérieusement que les habitants de Garons se prévalent de la difficulté, surtout dans l’hiver, de faire à Bouillargues les déclarations de naissance, de décès «les déclarations de naissance et de décès ne sont pas sans doute assez fréquentes et n’arrivent pas précisément dans les mauvais temps pour que l’inconvénient qu’ils signalent soit réel»
* le grief concernant les garde-champêtre est insignifiant, aucune plainte contre eux et un seul propriétaire (M. GRELLIAN ?) en possède un particulier
* les chemins vicinaux de Garons ne sont pas en aussi mauvais état que ce que prétendent les pétitionnaires, et suite aux inondations d’il y a 6 ou 7 ans, il est diffcile de trouver des fonds pour effectuer des réparations
* le conseil municipal ne croit pas devoir s’opposer à la séparation
* mais en second lieu il est du devoir du conseil municipal de veiller à ce que l’étendue du territoire ne porte aucune atteinte aux droits du village de Bouillargues (le conseil argumente le fait que plus il y a de propriétés, plus les charges sont faciles à supporter). La demande est de conserver les anciens territoires d’avant la réunification des hameaux
Ainsi les conseillers ne sont pas d’accord avec la demande Garonnaise qui souhaiterait que la commune soit de 2129ha (550ha de ce qu’elle était, 1179 demandés et 400ha de Saint Gilles). Certaines riches propriétés en bordure du chemin des canaux, appartenant à Bouillargues, «passeraient» ainsi à Garons (château de Vandargues, Mas d’Aubay, le domaine de Mme Veuve Vidal, le château, les fermes et les tuileries de M. de Labarolliere, le domaine de M. le marquis d’Urre, celui de M. de Caissargues, le domaine de M. Benjamin Carbonnel dont la plus grande partie est dans le territoire de Bouillargues, la métaierie de M. Gaujoux, la campagne de feue Mme Berry (?) tout le long du chemin d’Arles, le domaine de Mme veuve Beuf et de M. Laurent Brueys, une faible partie de la campagne de M. Ferdinand Béchard etc ...
* si l’autorité compétente ne partageait pas cette opinion il conviendrait d’effectuer cette division au prorata des habitants des deux villages qui pourrait être de quelques 802 ha
Le conseil municipal, à l’unanimité ne souhaite pas s’opposer, malgré le peu de solidité des raisons énoncés dans la pétition, à la séparation de Garons à la condition que les deux futures communes recouvrent leurs anciens territoires.»
La situation n’était pas facile, le préfet n’arrivait pas à trancher entre les uns qui voulait bien se séparer d’un hameau mais ne voulait rien leur laisser et les autres qui demandaient plus que ce que l’on pouvait leur donner ! Le Conseil Général prendra position en 1833 (voir plus loin dans le compte rendu du conseil municipal du 15 juillet 1834), et le préfet écrira à de nombreuses reprises pour demander aux habitants de Bouillargues de prendre position.
Le conseil municipal de Bouillargues délibèrera le 15 juillet 1834 en l’absence de nombreux élus et sous la présidence de Jean-Pierre LAUBE :
«Rappel est fait de la délibération du 6 mai 1832 suite à la pétition des habitants de Garons qui ne s’oppose pas à la création de la commune, mais pas sur les bases de territoire définies dans la pétition. Le conseil réclame que Garons conserve ses 550ha qu’il possédait avant son adjonction à Bouillargues. Si le calcul devait se faire au prorata de la population, Garons qui ne forme que le cinquième de la population recevrait alors 802ha 40a 35ca.
Cette délibération fut soumise au Conseil Général du Gard dans sa session de 1833 ainsi qu’à la ville de Saint Gilles qui pourrait être amputée, selon la demande, de 400ha.
Le Conseil Général abonde dans le sens des communes de Bouillargues et Saint-Gilles, Garons devant rester ce qu’elle était avant sa réunification à Bouillargues.
Cependant, après une nouvelle demande des habitants de Garons, le Conseil Général est revenu sur sa décision du 1 février 1833 et a accordé à Garons ce que les habitants réclamaient dans leur première pétition allant à l’encontre de la délibération municipale du 6 mai 1832.
Le Conseil Municipal examine l’ensemble des pièces et délibérations successives et souhaite que la commune de Bouillargues ne subisse pas de préjudices en étant amputée de propriétés qui constituent des contributions annuelles non négligeables et d’utilité publique. Le conseil estime qu’il ne faut accorder à Garons que 667ha 64a et 30ca qui était la contenance du territoire avant son rattachement à Bouillargues (suite de calculs divers faisant apparaître que la totalité de la commune de Bouillargues à l’heure actuelle est de 4012ha  40a 35ca et serait de 3344ha 76a 05ca si l’on ampute le cinquième de ce précédent territoire à Bouillargues). Garons réclame 1729ha («qu’il ne craint pas de réclamer») (et pour lesquel le Conseil Général émet un avis favorable en 1834). Les Bouillarguais regrettent cette décision et la néfaste disparition de certaines de leurs terres qui font la richesse de la commune, arguent d’une répartition plus équitable et moins morcelée.
Le conseil souhaite en cette délibération :
1- que dans le cas où Garons soit érigé en commune il ne lui soit alloué que les 667ha 64a et 30ca qui formaient son ancienne contenance
2- que dans le cas où une nouvelle division soit ordonnée, elle le soit eu égard à la population des deux villages et qu’en conséquence Garons recevrait les 802ha 40a 35ca qui correspondent au cinquième du territoire, comme Garons comporte le cinquième d’habitants
3- que la quantité de terrain soit prise dans la partie la moins dommageable à Bouillargues, en évitant les communaux et sur la ligne «divisoire» des communes
Délibération transmise à M. le Ministre de l’Intérieur.»
Le 19 octobre 1835 le ministère de l’Intérieur transmet une ordonnance de Louis Philippe, roi des Français :

«[...] Art 2
La section de Garons est distincte de la commune de Bouillargues et érigée en commune particulière
Art 3
La limite entre les communes est fixée dans la direction indiquée au plan annexée par la ligne bleue ABC [...]
Donné au Palais des Tuileries les 19 octobre 1835»
logo geneanaute
Portail généalogique
info passion logo-240px
info soirat-240px
info pasarea-240px
Aller au haut