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1914-1918 44RIParmi les bonnes choses que nous apporte le travail de mémoire réalisé autour du centenaire 1914-1918, la mise en ligne des Historiques Régimentaires et Journaux des Marches et Opérations, est d'une valeur incontestable.
Leur lecture apporte quantité d'informations sur les faits, jours après jours, heures après heures. Et même si les récits ont la rigueur exigé par l'autorité militaire, même s'il est fait plus souvent référence aux officiers et sous-officiers, reléguant notre simple soldat d'ancêtre décédé à un nombre de tués du jour, on pourra essayer d'imaginer ce qu'ont pu vivre les poilus en des temps qui nous sont si proches.

Les Historiques Régimentaires, commandés par l'armée, au bon soin des officiers supérieurs, sont avant tout de petits livrets destinés à promouvoir le régiment au travers de ses faits d'armes, de ses nombreuses actions d'éclats. Rédigés après le conflit, ils ont bien entendu la valeur historique liée à cette écriture. Ils font état des listes nominatives des tués et disparus. Ils ont comme supports les comptes rendus, rapports et Journaux des Marches et Opérations cités ci-après.


Les Journaux des Marches et Opérations, manuscrits, relatent les évènements quotidiens, à chaque heure lorsque des opérations sont lancées, pour le régiment. Sans faire plus état que ce souhaité par l'autorité militaire, du moral des troupes et de leurs difficultés, ils sont un formidable cliché du moment vécu dans un enfer, dont on percevra la portée que beaucoup plus tard, tant la défense de nos lignes "coûte que coûte", en envoyant des milliers de soldats se faire massacrer, était la seule façon de procéder.
Les instructions de rédaction sont claires :
"Rédaction de l'historique
Dans la rédaction de l'historique on devra s'abstenir de commentaires ou d'appréciation sur l'origine et les causes de la campagne entreprise.
L'historique d'un corps n'est que le recit fidèle, jour par jour, des faits, depuis la mise en route jusqu'à la fin des opérations ; il ne doit donc jamais être établi après coup."

Extrait du Journal du 44ème Régiment d'Infanterie :
"28 septembre
A 9 heures, le régiment reçoit 347 hommes de renfort provenant du bataillon dépôt du 42e. Dans l’impossibilité de répartir ces hommes dans les compagnies de 1ère ligne, le renfort reste avec le bataillon en réserve dans le bois en U.
Du reste, les mitrailleuses établies dans le saillant du bois E de 170 s’opposent à tout mouvement important de l’arrière à l’avant.
La matinée se passe en duel d’artillerie.
A 13h le régiment reçoit l’ordre d’attaque suivant :
« I- Aujourd’hui, continuation de l’offensive dans les mêmes conditions qu’hier.
« Le régiment de marche (44e 60e) maintenant avec le minimum de forces l’occupation du terrain conquis à sa gauche attaque le saillant des tranchées du bois Chevron, en prenant comme premier objectif les organes de flanquement et les mitrailleuses qui prolongent ce saillant vers le sud.
« II- 3 compagnies du 44e attaqueront le saillant en prenant comme axe de mouvement le bois des mitrailleuses qui est le plus à l’ouest. »
Le capitaine commandant le régiment prend les dispositions suivantes : le bataillon en ligne maintiendra ses positions et fera progresser sa droite, en même temps que le bataillon Médina, en réserve, attaquera le bois dans la direction du N.
A 15h25, l’attaque se déclenche. Le bataillon Médina entre dans le bois, franchit les défenses accessoires du saillant et des éléments de ce bataillon pénètrent dans le boyau du poste d’écoute allemand au bout duquel s’étaient établies les mitrailleuses.
L’ennemi établit un barrage dans cette sape où la lutte se poursuit à coups de grenades. En même temps, le lieutenant Thierroz reclasse sa droite. La ligne de crête est ainsi presque totalement occupée et la liaison s’établit par une tranchée, en réduisant la profondeur du saillant avec les éléments de droite. Dès lors nos mouvements sont libres de l’arrière à l’avant. Mais cette avance a permis une reconnaissance encore plus approfondie des défenses accessoires et des tranchées allemandes.
Au renflement du saillant, le réseau très dense de défense a 30 m de large, fait de fils de fer barbelés, épais et étayés de piquets de fer. A droite et à gauche, le réseau s’amincit. La contre-pente où il se trouve le rend à peu près inaccessible au feu de notre artillerie, il est du reste absolument intact. Les tranchées sont occupées par un fort effectif.
Pendant toute la nuit, le régiment travaille et s’organise sur la nouvelle ligne.
Le 2e bataillon, aux ordres de la 28e brigade reste sur les mêmes positions.
Les pertes sont :
Tués : 6
Blessés : 22."


On retrouvera ces documents sur le site Mémoire des Hommes
- Historiques régimentaires des unités engagées dans la Première Guerre mondiale
- Journaux des unités engagées dans la Première Guerre mondiale
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