Alain Soirat généalogiste    
illus 030Le généalogiste, le généanaute, bien que sa tâche soit simplifiée par l'utilisation des différentes techniques liées à l'informatique, est confronté à l'utilisation de nouveaux outils pour lesquels il doit passer par une phase de formation non dénuée d'un fort investissement personnel. Nous ne nous lamenterons pas dans ce propos sur le fait que ces techniques sont, soit-disant, "intuitives" ...
Parmi ces techniques je voudrais faire une petite approche de l'organisation, de la manipulation et de la consultation des fichiers.
Un fichier est une entité informatique comportant des données. Ces données sont de plusieurs sortes, définissant l'utilisation desdits fichiers. Basiquement, on trouve des fichiers exécutant des tâches et d'autres comportant des informations exploitables par la première catégorie. Pour un généalogiste ce peut être son logiciel de généalogie et le fichier comprenant les données relatives aux personnes étudiées. Bien que les systèmes d'exploitation, c'est à dire ce qui permet de manipuler ces fichiers, ne le laisse guère plus apparaître maintenant, le nom d'un fichier se caractérise par deux informations, un peu comme dans l'identité d'une personne : son nom de famille et son prénom ! Le nom de famille correspond à ce que l'on nomme l'extension, elle suit la dénomination du fichier, séparée par un point. Un fichier est donc nommé "nom_de_mon_fichier.nom_de_famille". L'extension permet de savoir ce à quoi l'on a affaire. Par exemple .exe, .com sont des exécutables, des programmes. Par contre .doc, .jpg, .ged etc. révèlent un fichier contenant des informations, doc pour du traitement de texte Word, jpg pour une image compressée, ged pour les fichiers de généalogie.

illus 029Les premières notions de généalogie que l'on vous donne n'omettent jamais de traiter de la numérotation des personnes. Reconnaître, identifier, classifier et répertorier les individus grâce à des ensembles de nombres est une manie humaine qui n'a d'équivalent que dans l'identification par des ensembles de caractères définissant des noms, des prénoms, des surnoms, des prête-noms et des alias en tout genre. Cette manie généalogique a des répercussions assez inattendues puisque l'on nomme un ancêtre dans une lignée directe un "sosa" ; de cette fameuse numérotation dite "Sosa-Stradonitz", ne portant d'ailleurs même pas le nom d'une mais de deux personnes ! On apprendra ainsi au futur généalogiste qui vous regardera, du début de votre intervention à la fin, avec des yeux écarquillés et la bouche pendante, que les hommes ont des numéros pairs, les femmes des numéros impairs et que les uns sont les multiples des autres et que les autres sont les multiples des uns moins un ! Ainsi on débutera avec le n°1, qui pour une fois ne sera pas forcément une femme (vous suivez ?), et l'on continuera avec son père, le 2, puis sa mère, la 3 (là c'est bien impair et c'est une femme !), et ainsi de suite. Ce qui vous permettra de connaître vos ancêtres en se référant au n° 1.391.114.240, ce qui, vous l'avouerez, est nettement plus commode et parlant que de dire "Eudes de BLOIS", vous rajouterez en plus qu'il est l'époux du n° 1.391.114.241, ce qui est d'une facilité reconnue par rapport à "Ermengarde d'AUVERGNE".
Je ne suis pas un numéro ! Nos logiciels, nos ordinateurs ont cette capacité, même s'ils ne traitent que des chiffres, de pouvoir nous proposer des représentations de généalogies comportant des noms, des prénoms, des surnoms, signalant par divers symboles une lignée directe, des personnes sans descendance ou sans conjoint, tout un ensemble de visualisations ne nécessitant pas la présence d'un numéro quelconque.

illus 028Les dates, c'est un des nombreux problèmes soulevés par la généalogie et le besoin de connaître celle de naissance, de mariage, de décès et des nombreux événements jalonnant la vie d'un individu. Si l'on peut admettre que notre siècle, et le précédent, ont vu une stabilité dans le calcul de ces dernières, tant du point de vue du calendrier que de celui du calcul et des facilités de ce dernier, il n'en a pas toujours été à toutes les époques de la même manière.
Du calendrier Julien au calendrier Grégorien, pour notre civilisation, en passant par les tentatives révolutionnaires et les nostalgiques napoléoniens, les dates ne manquent pas de différences.
Cependant tous ces calculs font références à des points précis et peuvent, relativement facilement, être transformés en jour, mois et année parfaitement compréhensibles par le commun de nos mortels contemporains. Ce sont ces dates que nous, généalogistes, répercutons dans nos recherches.
Il en va toutefois fort différemment de nos braves officiers d'état-civil, curés, prêtres et autres officiants à l'occasion de ces moments de la vie que sont les baptêmes, les mariages, les sépultures, voire même dans des années un peu plus proches de nous, pour des naissances, des mariages, des enterrements. Ainsi lorsque l'officiant annonce un âge, une année, prenons garde !
J'ai pour habitude de me méfier de tout âge arrondi à la dizaine : "Jean MARTIN, âgé de 50 ans, décédé le 10 avril 1782". A priori, ce brave homme est né en 1732 ... méfiance, son année de naissance peut varier allègrement de 1720 à 1750 quand ce n'est pas dû à une erreur de calcul beaucoup plus grave, comme dans l'illustration de cet article !

illus 027Les échanges sur la généalogie sont parfois des plus curieux, et si l'on excepte les poncifs déjà évoqués dans ces colonnes, il est bon de noter les fois où la différence se fait sentir ; ce fut le cas récemment :
"Tu fais de la généalogie parce qu'il n'y a plus de curé au village !"
C'est sûr, nos églises ne se remplissent plus comme avant et la peur d'aller en enfer est remplacée par celle de manquer "quelque chose" sur Facebook. Nos préoccupations sont vraiment différentes, notre vie aussi, et la pauvreté de nos échanges dans un monde où règne la communication tend à nous amener à une pensée si multiple et passive que la réflexion d'un chef d'état qui faisait allusion à ses compatriotes comme de jeunes bovins, me laissent aussi pantois que parfois coi tant on pourrait y voir certaine vérité contemporaine. Il faut prendre le train en marche ! Peut-être, ou bien rester au bord de la voie ferrée et regarder passer le convoi allant dérailler ...
Et le train généalogique file plus vite qu'un TGV ; je suis même convaincu que certains courent devant la locomotive ! La vitesse grise, emporte, transporte, et la raison reste sur le quai. Personne ne se plaint, et dans ce tourbillon de dates, d'événements, de parents, de mariages, d'actes et de problèmes inventés pour la "bonne cause", nombreux sont ceux qui abandonnent et se raccrochent finalement à tout autre chose que la généalogie.
C'est pour cela que j'entendais dire : "Tu fais de la généalogie parce qu'il n'y a plus de curé dans le village". Avec le recul, on peut évidemment remplacer le mot "généalogie" par tout autre correspondant à une communauté, de préférence ayant pignon sur Internet, et permettant l'expression au sens général, très général, du terme. Ainsi, en allant à confesse, on racontait ses petits tracas quotidiens, on demandait conseil, on s'auto-critiquait, on s'auto-évaluait, tout en plaçant, de temps en temps, une bonne pique à la voisine.

illus 026En cette nouvelle année, il est de coutume de prendre de bonnes résolutions, comme toutes les fois où, ressourcés par de belles et bonnes vacances, par une ambiance de détente et comme pour donner un nouveau sens à une époque de notre vie, nous nous lançons dans une nouvelle aventure. Celle de la généalogie est pour nombre d'entre nous un quotidien qui rythme nos journées à grands coups d'ancêtres, d'archives, de contes et légendes, de décryptage de vieilles lettres, d'échanges multiples et variés sur Internet, de longs débats avec les membres de la famille, les voisins et le généalogiste du coin. Au milieu de tout cela règne assez souvent un mélange des genres, des actions entreprises, de volontés d'aboutir, pas tout le temps évident à percevoir. La nouvelle année va nous aider, prenons donc des bonnes résolutions :
Résolution A : j'effacerai le fichier de 245.326 personnes que j'ai mis en ligne sur Geneanet et en reconstruirai un autre, avec des noms, des dates, des événements, des ancêtres que je peux appréhender. J'arrêterai du même coup de fusionner dans un seul et même fichier tous les gedcoms que je vois passer sous le curseur de ma souris.
Résolution B : je réviserai mes fichiers généalogiques en m'assurant que pour toutes les personnes citées j'ai bien leurs lieux et dates de naissance, d'union et de décès, si toutefois, dans les deux derniers cas, cela leur est arrivé ! Et, si je ne trouve pas un de ces éléments, je préciserai dans les notes pourquoi.
Résolution C : je n'enverrai plus les recettes de cuisine de ma tante Alberte sur les listes de discussions généalogiques, suscitant à chaque fois l'émission de 245 posts sur les différentes façon de préparer le boeuf bourguignon ou la soupe aux choux, même si la tante Alberte est née à Dijon et que ses recettes, secret de famille jusqu'à ce jour, étaient une institution régionale.

illus 025Je comprends le souci de certains de mes ancêtres, quelques paysans récemment argentés, plus ou moins embourgeoisés, de démontrer une lignée agnatique forte et dont la noblesse de la race se perpétue de générations en générations. Mais je comprends de moins en moins, à la lumière de nos connaissances actuelles, que cette tendance perdure chez un grand nombre de généalogistes contemporains.
C'est régulier, je trouve un mariage, le généalogiste mentionne les parents du marié et ne précise rien concernant ceux de la mariée. L'existence des femmes dans ces généalogies serait-elle d'une invisibilité si satisfaisante aux yeux de ces collectionneurs de mâles ? Certes, certes, le tableau n'est pas si noir que cela et la connaissance fait avancer les choses et comprendre des états dont nos aïeux avaient peu conscience, mais la constatation et la prédominance de la recherche agnatique sont bel et bien présentes.
J'ai bien du mal à comprendre une généalogie en dehors d'un ensemble de personnes incluant tous les parents, grands-parents, arrière-grands-parents etc. Dire à une personne que sa généalogie sur cinq générations c'est cinq personnes qui ont fondé la lignée des SAPERLIPOMPOM, c'est un peu comme, de nos jours, dire que nous descendons du singe. Comment percevoir une famille, les ascendants et descendants, autrement qu'en étudiant l'ensemble des branches. Cinq générations en ascendance, ce sont trente-et-une personnes qui, chacune, ont apporté quelque chose à celle qui est à la base ; il n'en est pas une, généalogiquement parlant, plus ou moins importante que l'autre. C'est l'étude de l'histoire familiale qui nous en fera aimer plus ou moins certains, constater que c'est untel qui a transmis cette fameuse maladie héréditaire, ou tel autre qui a créé ce mouvement ayant séparé la branche de la famille.

illus 024La technique dite de l'escargot en généalogie porte bien son nom. Du fait que nous progressons en recherche géographique autour de la commune orginelle jusqu'aux communes voisines en agrandissant petit à petit notre rayon d'action, cela s'apparente facilement aux fameuses circonvolutions de notre gastéropode favori. Mais il faut bien également rapprocher cette technique de la légendaire lenteur du petit animal à cornes ... et malheur à celui qui commencera à l'ouest (ou au nord ...) quand la commune qui contiendra l'acte tant désiré est à l'est (ou au sud ...).
L'escargot généalogique consiste à rechercher un acte, de mariage ou de naissance, principalement, dans les communes aux alentours d'une commune connue. Exemple : la famille MARTIN réside à Sainte-Pitre, le jeune MARTIN, né dans la commune, s'est marié avec Jeanne DURAND, ils ont eu un enfant, Georges. On ne connaît pas le lieu de mariage ni celui de la naissance du petit Georges. Bien sûr, le premier réflexe est de consulter les tables décennales de la commune de Sainte-Pitre, et, la plupart du temps, on va retrouver notre mariage ; mais dans notre cas, chou-blanc !
Nous allons donc fouiller les tables décennales des communes avoisinantes, en agrandissant petit à petit notre rayon d'action : c'est la fameuse technique de l'escargot ! Petite parenthèse à ce niveau de recherche au format gastéropode : munissez-vous d'une carte permettant une visualisation, en particulier, des reliefs et des accidents naturels, cela vous évitera de visiter des communes voisines séparées par des éléments infranchissables !

illus 023Le généalogiste est, comme nous le savons tous depuis quelques temps déjà, une personne qui effectue des recherches sur la filiation des individus. Et, comme nous l'avons également dit plusieurs fois, ces recherches se complètent en de nombreux domaines pour arriver à une Histoire familiale ; mais cette quête n'est pas une évidence pour tout le monde. En effet, nous croisons dorénavant sur les différents réseaux auxquels nous sommes interconnectés, un grand nombre de généalogistes aux buts peu précis, aux ambitions délirantes, aux collections exhubérantes. Venant de leur part on ne peut que s'attendre à une vague information concernant un de leurs 250.000 individus recensés pour l'instant.
Ces énormités, ces entités généalogiques dégoulinant de toutes parts d'une apocalyptique mise en relation avec des personnages aussi différents qu'Attila, Charlemagne, l'abbé Pierre, Mireille MATHIEU ou Mickey, proviennent de multiples fichiers, de logiciels et sites proposant une aide "précieuse" afin que vous réalisiez le plus parfaitement possible votre généalogie.
Et nous constaterons la disparition de l'imaginaire, de la créativité, de la curiosité. Le généalogiste va s'appliquer à trouver quelques relations pré-mâchées et vous les resservir toutes chaudes enveloppées dans le même papier que celui du voisins du dessus et de la voisine de gauche ! Heureusement, nous ne sommes pas comme cela.
Internet, les logiciels, les réseaux, les bases de données sont là pour nous aider, nous guider, permettre de dénouer des liens pour lesquels il nous aurait fallu des mois, voire des années, de recherche. Mais lorsque tous les éléments sont retrouvés, classés et répertoriés, leur communication ne doit plus être le seul fait d'une machine à fabriquer des lignes de caractères indigestes pour les uns, monotones pour les autres, déjà vues pour la plupart.

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